M. Kovalevsky, V. Lossky, N. Poltoratsky, L. Ouspensky, G. Krug le 25 août 1945 devant l'Église des Trois Saints Docteurs
M. Kovalevsky, V. Lossky, N. Poltoratsky, L. Ouspensky, G. Krug le 25 août 1945 devant l'Église des Trois Saints Docteurs

Au sujet de l'Autonomie

Extrait d'un Rapport de la confrérie saint-Photius sur l’urgente nécessité de créer une église orthodoxe locale française sous la conduite du patriarcat de Moscou

Rapport signé du père Eugraph Kovalevsky, de Vladimir Lossky et de Léonide Ouspensky du 20 avril 1948 au métropolite Séraphin pour le patriarche Alexis de Moscou

 

L’évolution de ces mouvements dépend de la forme canonique que leur donnera l’autorité ecclésiale. Si les formes canoniques ne sont pas justes, si elles ne correspondent pas à la tâche, alors la renaissance de la conscience d’une Église locale soit échouera, soit empruntera une fausse direction. Elle peut être saisie par des démagogues. Les formes canoniques doivent précéder le mouvement, en lui indiquant le chemin, comme si elles construisaient les alvéoles des rayons de miel, dans lesquelles les bâtisseurs déposeront le miel de l’Orthodoxie. Il faut prêter attention à deux phénomènes : c’est la maladie de l’autonomie-manie – source d’anarchie, et la situation du système exarchal comme insuffisante.

La manie de l’autonomie

 À travers le dernier passé, une nouvelle maladie canonique s’est propagée. Avec une frivolité inadmissible et sans aucun fondement, des parties de l’Église orthodoxe exigent qu’on leur donne l’autonomie, l’autocéphalie, libertés et indépendances. Cette manie de l’autonomie est dictée, dans la majorité des cas, par des intérêts qui ne sont nullement ecclésiaux, mais par des passions politiques, chauvinistes et même personnelles mal cachées. Les « autonomomaniaques » sont insensibles non seulement à l’égard de l’unité de l’Église Universelle, mais également à l’égard de l’unité sur place. Si la Mère-Église ne satisfait pas leurs exigences illégitimes ou semi légitimes, alors ils se saisissent de droits sans aucune gêne. Habituellement, sous prétexte de libérer leur Église d’influences extérieures indésirables, ils rompent avec les autorités cléricales légales et tombent eux-mêmes dans l’esclavage, l’asservissement à des influences loin d’être ecclésiales, ils deviennent les instruments des « éléments du monde ». Ce qui est encore pire, ils jouent avec les canons sacrés, masquant leurs aventures par des citations truquées… Cette anarchie canonique contagieuse a créé des corps errants/égarés tels que l’église ukrainienne de l’émigration, le concile de Munich, etc. Un exemple de ces derniers temps nous montrera clairement la malveillance des « autonomomaniaques ». C’est lui qui nous aidera à comprendre plus exactement et plus précisément la tâche et les difficultés de l’Église orthodoxe française. Nous voulons dire le doyenné Théophilien nord-américain. Si le groupe Théophilien désirait sincèrement l’élimination des schismes et la liquidation des divisions de l’Orthodoxie aux États-Unis, il orienterait ses efforts avant tout vers la réalisation de l’unité dans deux directions : 1) sur place, 2) avec la Mère-Église. Sur place il chercherait des formes réunissant tous les orthodoxes, indépendamment de leurs convictions politiques et origines nationales. Mais cette unité purement ecclésiale territoriale était étrangère à ce groupe, il s’est habitué à la scission camouflée sous le mot de « liberté ». Ce n’est pas tous les orthodoxes que veut unir M. Théophile, mais seulement les siens, russes, et encore, seulement ses partisans dans le sens non-ecclésial de ce terme. En d’autres termes, il cherchait non à unir mais, principalement, à se détacher… Mais ce groupe devrait rechercher non seulement l’unité sur place mais, au-delà des frontières de l’État, l’unité universelle. Elle s’atteint avant tout par le renforcement et le cimentage de l’unité canonique avec la Mère-Église. Dans ce sens, malgré la compréhension de la part de la Mère-Église, le groupe de Théophile était en dessous de toute critique… La tâche de l’Église orthodoxe locale française est de riposter contre cette maladie nuisible de la manie de l’autonomie, de redresser la conscience canonique déformée. Avant tout, souligner et renforcer le lien non seulement spirituel, mais aussi canonique avec la Mère-Église et, dans le même temps, proposer les formes qui répondent aux besoins du moment et peuvent arracher le peuple orthodoxe local aux influences non ecclésiales et étrangères. Si l’ « autonomisme » détruit l’unité de l’Église en fractions ennemies, la non-formalisation canonique sur place, quant à elle, menace l’Église de mort.

Le système de l’exarchat

 

Ici nous abordons une autre question. L’expérience, de 25 années, nous montre que le système des exarchats n’est capable ni de venir à bout de la manie de l’autonomie, ni de donner un coup de pouce au développement de l’Église sur place. Cela ne concerne pas uniquement l’exarchat de Moscou mais également l’exarchat de Constantinople. Il y a de nombreuses raisons à cela. Avant tout, l’exarchat est toujours vu aussi bien par le gouvernement du pays que par les habitants locaux comme un représentant – pour parler en termes occidentaux, comme un légat – du patriarcat. Il est vrai que les exarchats ne sont pas seulement des représentants, ils dirigent aussi les paroisses, c’est-à-dire qu’ils sont des évêques diocésains. Mais leurs diocèses ne sont pas des diocèses territoriaux, mais seulement des diocèses temporaires, fortuits. L’unique base est la reconnaissance par telle ou telle communauté de tel ou tel exarque. Il en résulte un phénomène absolument inadmissible d’un point de vue ecclésial : le conseil paroissial ou le recteur lui-même se choisissent un exarque pour des raisons qui ne sont absolument pas ecclésiales. Il arrive que la communauté règle cette question en se laissant guider par ses sympathies personnelles. Si l’on prend les orthodoxes français ou une nouvelle communauté en formation, alors la question de savoir à qui se soumettre, à quel évêque s’adresser reste ouverte. Sur quel fondement préfère-t-on tel ou tel exarque ? Cet arbitraire, cette anarchie, créé un terreau propice aux schismes, à la destruction de la conscience alphabétique de l’obéissance ecclésiale, et sape l’autorité de l’épiscopat. Seulement une Église locale, fondée sur le principe territorial, peut sauver l’Orthodoxie de sa décomposition en Occident. Mais l’Église orthodoxe française ne doit nullement détruire l’exarchat. L’exarque demeure le premier représentant du patriarche, sa voix officielle et pour les Orthodoxies, et pour les hétérodoxes. En outre, il se trouve être l’instance suprême. Le volume de son pouvoir est plus large que celui de l’Église orthodoxe française ; il est l’évêque de toute l’Europe Occidentale ; sous sa conduite peuvent aussi bien se trouver des paroisses en France non incluses dans l’Église orthodoxe française, extraterritoriales. (Note du traducteur : référence à Col. 2, 8 et 20 et Ga. 4, 3 et 9). Les relations entre l’Église orthodoxe française et l’exarchat peuvent être doubles : une organisation distincte ayant l’exarque pour instance suprême et soumise à travers lui au patriarcat ; une organisation distincte et l’exarque, en sa personne, réunit deux fonctions : celle d’exarque en Europe Occidentale et celle de chef de l’Église locale. Dans tous les cas, il est indispensable de distinguer clairement les fonctions d’exarque représentant et d’exarque chef de l’Église locale, en une ou en deux personnes. (Site www.eugraph-kovalevsky.fr)

AU SUJET DU COMMUNIQUE DU CONSEIL DE L'ARCHEVÊCHÉ DU 29 MARS DISPONIBLE SUR LE SITE DE L'ARCHEVÊCHÉ

Ce communiqué ne reflète pas la réalité de la visite faite au Phanar. Le Patriarche a fermement redit qu'il ne reviendrait pas sur sa décision et que "la concertation sur l'avenir de l'Archevêché" qui devrait selon ce communiqué se poursuivre, ne concerne que l'intégration des paroisses dans les Métropoles Grecques.

Nous savons de longue date que le Conseil de l'Archevêché est hostile à un retour vers le Patriarcat de Moscou, et fait tout pour empêcher une saine discussion.

Des décisions venant de Monseigneur Jean vous seront proposées prochainement afin de mettre fin à cette situation et arriver à une conclusion favorable pour l'intégrité de l'Archevêché.

Communiqué du conseil de l’Archevêché

Suite à l’assemblée pastorale tenue le 15 décembre 2018 à l’église Saint-Serge, à laquelle a participé la quasi-totalité du clergé de l’archevêché, Son Éminence Monseigneur Jean de Charioupolis, archevêque dirigeant des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, en concertation avec le conseil de l’Archevêché réuni immédiatement après l’assemblée pastorale, convoque une assemblée générale extraordinaire de l’Union directrice diocésaine des associations orthodoxes russes en Europe occidentale, dont il est le président.

L’assemblée générale extraordinaire, convoquée en application de l’article 34 des statuts, aura lieu le samedi 23 février 2019, à Paris. Elle réunira tout le clergé et les laïcs délégués par les paroisses et les communautés de l’Archevêché.

Ordre du jour : délibération sur la décision du Patriarcat œcuménique de « réorganiser le statut de l’exarchat » publiée dans le communiqué du 29 novembre 2018 du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique.

Acte de sujétion canonique concernant les paroisses de notre Archevêché en Europe occidentale

Bescheid über die kanonische Abhängigkeit, die Gemeinden unseres Erzbistums in Westeuropa betreffend

Act of Canonical Subordination concerning the Parishes of our Archdiocese in Western Europe

Cet acte révoque le Tome patriarcal et synodal de 1999 et il organise la spoliation non juridique des paroisses et de toutes les institutions de l’Archevêché par les Métropoles grecques de l’Europe occidentale.

Nos paroisses faisaint partie de l’UNION DIRECTRICE DES ASSOCIATIONS ORTHODOXES RUSSES en Europe occidentale doivent par elle-même à la suite de la réunion de l’Assemblée Générale du 23 février 2019 déterminer statutairement la suite canonique à donner pour l’avenir de l’Archevêché.

Nous publions cet "Acte" afin d’ informer le clergé et les membres de l’Archevêché sur la situation nouvelle créée par cet "Acte" en vue de la préparation de l’Assemblée Génerale du 23 février 2019.

N° Référence 1042

ACTE DE SUJÉTION CANONIQUE DES PAROISSES ORTHODOXES DE TRADITION RUSSE EN EUROPE OCCIDENTALE AUX MÉTROPOLES TERRITORIALES DU TOUT-AUGUSTE PATRIARCAT ŒCUMÉNIQUE

***

Bartholomée, par la grâce de Dieu, archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique.

L’Église du Christ, ayant à l’esprit, en tant que mère pleine de sollicitude, ce qui concerne ceux qui sont près et ceux qui sont loin, considère qu’il est de son devoir de s’en occuper, ne laissant personne sans rattachement et sans consolidation, conjoignant la gouvernance et le salut selon les nécessités et les circonstances qui sont celles du Plérôme qui porte le nom du Christ, n’abandonnant pas le souci pour une administration et un service pastoral plus utiles, service pastoral par lequel la distribution de la pâture salutaire peut être garantie et couronnée de succès. Car notre Sainte et Grande Église du Christ sait bien, selon les époques, conformément aux besoins nécessaires du peuple de Dieu, adapter les choses aux circonstances historiques, s’appuyant toujours sur l’assurance de ses privilèges canoniques.

C’est ainsi que notre Saint et Grande Église du Christ a prévu [la fondation de l’Archevêché par le tome de 1999] (...) [traduction à compléter] Le temps passant, l’Église-Mère elle-même, veillant avec compassion sur les problèmes particuliers de cet Exarchat et ayant pris en considération les suggestions de Leurs Éminences les Hiérarques qui ont, à l’intérieur des frontières de leurs éparchies respectives, des paroisses de l’exarchat susmentionné, a constaté le besoin de régler de manière plus canonique et plus exacte les affaires de cet exarchat, afin que n’existent pas deux autorités ecclésiastiques de la même juridiction sur le même territoire, en violation des divins et sacrés canons.

Par conséquent, nous en avons conféré de manière synodale et dans le Saint-Esprit et avons étudié de manière approfondie les avis qui ont pu être exprimés, prenant soin et ayant, apostoliquement, le souci dela stabilité et du bon ordonnancement canonique, ainsi que de la juste manière d’administrer et des frontières ecclésiastiques établies, nous avons été amenés à la décision suivante :

1. Que nous révoquions, comme nous en avons le droit exclusif, le Tome Patriarcal et Synodal de rétablissement de l’Exarchat Patriarcal en Europe occidentale de l’année 1999, qui avait été édité par compassion et par économie ;

2. Que toutes les paroisses et les autres institutions ecclésiastiques de ce qui été jusqu’à récemment l’Exarchat soient assujetties canoniquement aux Éparchies ecclésiastiques du Trône œcuménique, suivant les limites géographiques dans lesquelles elles se trouvent, c’est-à-dire dans le Saint Archevêché de Thyatire et de Grande-Bretagne et dans les Saintes Métropoles de France, d’Allemagne, de Suède et toute la Scandinavie, de Belgique et d’Italie et Malte ;

3. Que les membres du clergé, à partir de maintenant, commémorent lors de la Divine Liturgie et dans les Saints Offices le nom du Responsable pastoral local, le tenant et le reconnaissant comme leur chef et leur autorité ;

4. Que Leurs Éminences, nos frères en Christ et concélébrants, Monseigneur Grégoire de Thyatire et de Grande-Bretagne, Monseigneur Emmanuel de France, Monseigneur Augustin d’Allemagne, Monseigneur Cléopas de Suède et de toute la Scandinavie, Monseigneur Athénagoras de Belgique et Monseigneur Gennadios d’Italie et de Malte, se soucient immédiatement et sans délai de l’insertion canonique et administrative des paroisses de tradition russe qui se trouve dans leurs frontières, en leur communiquant le présent Acte Patriarcal et Synodal, et procèdent aux actes qui s’imposent ecclésiologiquement et administrativement.

Sur tous, en donnant bénédiction au Saint Clergé, aux Fraternités monastiques et au peuple qui aiment le Christ, nous invoquons la riche bénédiction de la part de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ et nous prions pour la stabilité, la croissance et la bonne collaboration avec les Hiérarques des territoires respectifs, pour Sa gloire et le salut du monde.

Ainsi, pour communication de ces décisions et assurance, est dressé le présent Acte Patriarcal, Synodal et Confirmatif, qui est consigné et signé, d’une part, au rôle de notre Sainte et Grande Église du Christ et, d’autre part, envoyé sous forme identique et inchangée au Saint Archevêché de Thyatire et de Grande-Bretagne et aux Saintes Métropoles de France, d’Allemagne, de Suède et de toute la Scandinavie, de Belgique, et d’Italie et de Malte, pour leurs archives et en souvenir perpétuel.

En l’an du salut 2018, mois de novembre, 27e jour, 12e épinémesis

+Bartholomée de Constantinople

+Panteleimon de Bryoula 
+Gennadios d’Italie et de Malte 
+Augustin d’Allemagne 
+Germain de Tranoupolis 
+Evangelos de New Jersey 
+Cyrille de Rhodes 
+Eugène de Rethymnon et Avlopotamos 
+Ambroise de Corée 
+Constantin de Singapour 
+Arsène d’Autriche 
+Chrysostome de Symi 
+Nathanaël de Chigaco

Pour copie conforme. 
Au Patriarcat, le 12 janvier 2019, 
Le Secrétaire général du Saint et Sacré Synode, 

[signature manuscrite et sceau du Synode : Archim. Joachim]

 

 

Communiqué du Conseil de l’Archevêché du 17 janvier 2019

Ces derniers jours, de nombreux prêtres et diacres de l’Archevêché ont reçu un courrier du Métropolite grec du pays où ils résident, leur intimant l’ordre de cesser de commémorer leur propre Archevêque, de rejoindre le clergé des Métropoles grecques, de considérer que, d’ores et déjà, nos paroisses et communautés font partie de ces Métropoles et leur ordonnant enfin de leur remettre tous les documents et registres paroissiaux utiles.

À ce sujet, le Conseil de l’Archevêché renvoie à son communiqué du 30 novembre dernier et apporte ici quelques précisions.

Cette intervention d’évêques extérieurs dans le corps même de notre Archevêché, même s’il s’agit d’évêques du même Patriarcat, est irrégulière au regard de l’ecclésiologie et du droit : en effet, Son Éminence l’Archevêque Jean est le seul évêque dirigeant légitime des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale. Le 28 mars 2016, il a été élu de manière régulière par l’Assemblée générale extraordinaire de l’Archevêché, composée de tous les clercs et des laïcs délégués des paroisses qui composent notre corps ecclésial ; le 22 avril 2016, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a entériné cette élection. À partir de ce moment, l’Archevêque Jean a été installé dans ses fonctions de manière définitive. Depuis lors, il n’a ni démissionné ni demandé une quelconque mise à la retraite et demeure, par définition même du ministère épiscopal, l’organe de la catholicité du diocèse et le président de l’Union diocésaine qui est la personne morale de droit français assurant la communion de toutes les paroisses et communautés de l’Archevêché.

Comme tous ses prédécesseurs depuis le Vénérable Métropolite Euloge et dans tous les pays où ses paroisses sont établies, Son Éminence l’Archevêque Jean célèbre l’eucharistie de l’Église dans la catholicité, ainsi que tous les actes sacramentels ; il préside à la consécration des églises et des antimensia, il ordonne à tous les rangs du service ecclésial dans notre Archevêché. En qualité d’évêque en exercice du Patriarcat de Constantinople, il a participé encore récemment à la Synaxe des Hiérarques du Trône œcuménique et, en 2016, au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Sa qualité d’unique évêque diocésain de notre Archevêché est irréfutable, canoniquement et juridiquement, comme le confirment les Statuts officiels de l’Archevêché.

Les Statuts de l’Archevêché sont connus du Patriarcat et ont été approuvés par le Saint-Synode de manière constante depuis 1931 ; dans leur version en vigueur à ce jour, ils disposent notamment :

Article 11

L’Archevêché et les associations adhérentes [les paroisses et monastères] sont placés sous l’autorité administrative et la direction spirituelle, pastorale et morale d’un évêque dirigeant avec le rang et titre d’Archevêque qui relève de l’obédience de Sa Sainteté le patriarche œcuménique de Constantinople. L’Archevêque est le Président de l’Archevêché.

Article 40

L’Archevêque exerce ses fonctions à vie. Il peut toutefois se retirer de la direction de l’Archevêché après avoir consulté le Comité épiscopal et le Conseil de l’Archevêché. Par contre, il ne peut être démis de ses fonctions qu’après jugement du tribunal ecclésiastique supérieur compétent, à savoir le Saint-Synode patriarcal.

Ces dispositions ne permettent aucune autre interprétation des choses : notre clergé diocésain doit continuer le mode de commémoration liturgique tel qu’il l’a toujours pratiqué et il demeure, tout comme les paroisses et les monastères, sous l’obédience immédiate de Son Éminence l’Archevêque Jean. Tous les dossiers diocésains sont à jour à l’Archevêché et ils ne sauraient, pour des raisons juridiques obligatoires, être transférés à une autorité extérieure sans motif fondé.

Le 27 novembre 2018, le Patriarcat œcuménique a décidé le retrait du Tome patriarcal et synodal du 19 juin 1999, qui conférait à l’Archevêché la qualité d’Exarchat patriarcal. Même si le Conseil de l’Archevêché regrette le caractère unilatéral et non concerté de cette décision, nous reconnaissons que le Patriarcat avait le droit de prendre cette décision. Nous ne pouvons néanmoins pas confondre le retrait de la qualité d’Exarchat patriarcal et la « dissolution de l’Archevêché », selon l’expression dépréciative utilisée par certaines sources sur Internet.

La décision du 27 novembre du Patriarcat de Constantinople comporte un volet unilatéral (le retrait du Tome de 1999) et un volet bilatéral voire tri-latéral (l’invitation d’intégrer les paroisses de l’Archevêché dans les Métropoles grecques dont on ignore si elles ont été consultées à ce sujet). Ce qui est multilatéral doit nécessairement faire l’objet d’une délibération par les sujets collectifs (paroisses) et individuels (clercs) concernés. Nul ne peut préjuger de l’acte ecclésiologiquement fondamental que constitue la réception d’une décision de provenance extérieure.

En effet, pour dissoudre l’Archevêché fondé en 1921 (c’est-à-dire avant même sa réception dans le Patriarcat de Constantinople), seule l’Assemblée générale est compétente. Elle a été convoquée valablement pour le 23 février prochain et comporte un seul point à son ordre du jour : la discussion sur cette décision du Patriarcat.

De même que le Patriarcat œcuménique se conforme, pour son fonctionnement local en Turquie, au régime législatif de la République turque, parfois très contraignant, de même a-t-il toujours encouragé notre Archevêché à s’organiser conformément aux législations des pays où ses paroisses sont établies et à les respecter pleinement. Loin d’être une entorse à la bonne organisation de l’Église, le respect des procédures statutaires constitue l’application canonique la plus sûre, directement inspirée par l’éthos orthodoxe.

Notre Archevêché se trouve aujourd’hui, de jure, dans la situation où il se trouvait avant son accueil dans le Patriarcat œcuménique. De facto, néanmoins, nous ne voudrions pas que cette longue et fructueuse période se close sans une rencontre humaine de visu entre les représentants de notre Archevêché et les autorités du Patriarcat.

En effet, nous ne pourrons jamais trouver les mots justes pour exprimer notre gratitude au Patriarcat œcuménique pour sa protection canonique pendant toutes ces années. La Sainte Église de Constantinople a veillé au respect des particularités de notre fonctionnement diocésain inspiré par les décisions et les débats du Concile de Moscou de 1917-1918, et nous lui en sommes profondément reconnaissants. Cela montre combien la vocation ecclésiale du Patriarcat œcuménique est véritablement supra-ethnique.

Si le Patriarcat œcuménique fermait la porte à toute possibilité de l’Archevêché de demeurer dans son sein, l’Assemblée générale aviserait en conséquence. Toutefois, ni les Métropolites grecs d’Europe occidentale, ni le Conseil de l’Archevêché, ni même l’Archevêque ne peuvent se substituer à l’Assemblée ecclésiale qui a été valablement convoquée pour le 23 février prochain.

D’ici là, le Conseil de l’Archevêché appelle toutes les parties en présence à respecter la paix de l’Église et les dispositions juridiques qui garantissent que, dans le Corps du Christ, « tout se fasse convenablement et avec ordre » (1 Co 14,40). « Car, comme l’enseigne toujours l’Apôtre Paul, Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix » (1 Co 14,33) ; le contraire du désordre n’est donc pas l’ordre, mais la paix