SUR LA PROPHETIE D'EZECHIEL

Le Grand Vendredi, aux matines, après la grande doxologie et la procession avec l’Epitaphion, a lieu la lecture psalmodiée de la prophétie d’Ezéchiel (37,1-14) dite « des os desséchés ». Qui est Ezéchiel et quel est son message ?

« Dieu rend fort » est le sens du nom Ezéchiel. Il appartient au milieu sacerdotal de son temps, et fils du prêtre Bouzi. Il a été déporté à « Tel-Aviv au bord du fleuve Kebar » près de Babylone en 592. Il est plus jeune que Jérémie mais proche de sa pensée. Il manifeste un goût prononcé pour les institutions religieuses. C’est un homme d’une très grande sensibilité.

Ezéchiel va délivrer un message complexe, dévoilant dans ses visions la Gloire divine, la malédiction sur le peuple de Dieu qui est châtié pour son impiété, mais aussi l’avènement du temple futur. Il faut souligné ici qu’Ezéchiel a annoncé la religion de l’avenir, de l’alliance perpétuelle assurée par la présence sans fin de Yhwh au milieu du peuple. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde « (Mat.28,20) seront les paroles de Jésus après sa résurrection.

Il n’est pas ici question d’étudier l’ensemble du texte d’Ezéchiel mais les deux premiers chapitres avec la célèbre vision.

Nous voyons ici la vision du char divin, au même titre que nous voyons Isïe contempler la Gloire du Seigneur et les Séraphimns se répondre l’un à l’autre « Saint, Saint, Saint est le Seigneur des armées ». Comme chez Isaïe, la vision est située dans un temps et un cadre précis. (Voir I ,1-3)

« Le ciel s’ouvrit » : nous connaissons cette ouverture des Cieux, par exemple chez Saint Matthieu, Marc et Luc à la Théophanie ; « les cieux s’ouvrirent », ou chez Saint Jean, à Nathanaël : « Amen, amen, je vous le dis vous verrez le Ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’Homme » (Jean I,51)

De même Etienne lors de sa lapidation (« Je vois les Cieux ouverts et le Fils de l’Homme à la droite de Dieu ») ainsi que chez Saint Jean dans l’Apocalypse.

Ezéchiel voit donc le Ciel ouvert et la main du Seigneur sur lui.

La vision contient trois plans : les quatre Vivants, au dessous les roues, au dessus « un aspect d’homme sur le Trône ». On comprend que les roues suivent les Vivants dans leurs mouvements, et que la plate-forme au dessus des ailes des Vivants délimite un autre plan avec le Trône de Celui qui y règne. Ezéchiel est submergé par cette vision et il tente de décrire ce qui est d’un autre monde, aussi utilise-t-il des termes comme « forme », « aspect ». Il est sur un plan au-delà du temps et de l’espace. Ces quatre Vivants ont quatre faces comme une face d’homme, une de lion, une de taureau et une d’aigle. On retrouve là les quatre Vivants de l’Apocalypse ainsi que le Trône qui les domine. On pense aussi au Seigneur assis sur un Trône élevé avec les Séraphims chez Isaïe. Au centre des quatre Vivants il y a un feu, traduit par vermeil (hashmal en hébreux, êlektron en grec et electrum en latin, qui désigne un mélange d’or et d’argent très lumineux).

Le chiffre 4 est souvent utilisé dans les Ecritures : les 4 fleuves qui sortent de l’Eden (Pishon, Guihon, Trigre et Euphrate), analogie avec les quatre Vivants et les quatre Évangiles. Ces quatre vivants se retrouvent tantôt sur les Portes Saintes, sur le tympan de la coupole ou figure le Pantocrator. Nous savons (et toute iconographie le montre), que l’homme est analogue à Matthieu, le lion à Marc, le Taureau à Luc et l’aigle à Jean. Cette symbolique peut s’expliquer par le fait que l’Evangile de Saint Matthieu nous montre le Fils de l’Homme, celui de Saint Marc car le Christ y est montré Roi, celui de Saint Luc insiste sur le sacrifice du Christ et Saint Jean par son élévation spirituelle et théologique.

 

Faut-il insister sur les quatre éléments (feu, terre, air, eau) les quatre saisons, les quatre points cardinaux et pour la science actuelle, les quatre forces fondamentales de l’univers (gravité, nucléaire faible et forte, électromagnétique). Le quatre se décline avec le nombre quarante : les quarante jours de Moïse au Sinaï, les quarante années de route au désert du peuple élu vers la terre promise, les quarante jours de marche d’Elie vers le Carmel, les quarante jours de pénitence à Ninive, et les quarante jours du Christ au désert. Mais le quatre s’inscrit aussi dans la Croix du Christ. Signe de l’harmonie du monde, rayonnant du centre vers les quatre directions, mais signe d’opprobre également. Mais la Croix est le signe du dépouillement ineffable du Créateur et source vivifiante et victorieuse, manifestation créatrice et rédemptrice. Le carré est une figure fermée, la croix, ouverte. Dans la contemplation des quatre vivants, on aperçoit la Croix.

Revenons à la contemplation d’Ezéchiel. Les Vivants sont en fait vivifiés par le Saint Esprit, en intimité avec Dieu et ainsi débordant de vie, vie qui vient du Christ qui dit Lui-même « Je suis le chemin (car Fils de l’Homme), la vérité (car Dieu incarné) et la vie (car pleinement Dieu). Les roues sont impossible à représenter. Elles sont à la fois animées et fixe, chargées d’yeux. Elles représentent le monde structurel, le mystère du monde angélique et comme le disait un moine du Mont Athos, gratifié de cette vision, le monde angélique est animé de bruit, de feu et avec « comme des machines ».

Au dessus de la plate-forme sont les réalités transcendantales.  Revenons au bruit : bruit des ailes, bruit des grandes eaux… Ce bruit en hébreux se dit gôl, bruit ou parole. Si on prend le récit de la Création dans le texte, lorsque « Dieu dit » on devrait lire « Dieu crie ». C’est un bruit-parole, et cette parole est puissance et celui qui en est la source est El Shaddaï.

Ainsi Ezéchiel a eu la vision de la Glore de Dieu, et cette Gloire en hébreux est désignée par Kabad ou Kabed, qui a plusieurs sens, mais signifie globalement être lourd, au sens de remplir tout, ne laissant rien de vide. La physique moderne nous dit que la matière est vide. Mais la Gloire de Dieu inonde tout et lors de la résurrection finale, lorsque « Je ferai toutes choses nouvelles », ce vide sera remplit de l’Esprit Saint.

Pour clore cette brève approche des deux premiers chapitres d’Ezéchiel, il faut dire un mot de la liturgie, ici la

liturgie céleste.

Notez qu’Ezéchiel est invité à manger un livre : « Ouvre la bouche et mange ce que je te donne » (2,8) « Fils d’Homme, mange ce rouleau et va parler à la Maison d’Israël, et il faut dans ma bouche doux comme le miel » (3,1). On retrouve ces termes chez Jérémie (1,9), Isaïe (51,16) et Deutéronome (8,18) « J’ai mis mes paroles dans ta bouche » ainsi que dans l’Apocalypse (10,9)

« Je m'en fus alors prier l'Ange de me donner le petit livre ; et lui me dit : « Tiens, mange-le ; il te remplira les entrailles d'amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel. »

Toutes ces situations amènent le prophète à prophétiser, à apporter la parole de Dieu. Cette Parole est douceur car divine, mais amer car elle exprime la colère de Dieu envers son peuple.

Avec la venue de la Parole au milieu de nous, le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, Il a été vu et entendu et les paroles de vie sont à ce jour consignées dans l’Evangile. Nous méditons l’Evangile en les « mangeant », et comme un aliment, pour en tirer ce qui nous fait vivre. De même, nous ne mangeons plus le Livre ou le Rouleau, mais la Parole elle-même dans les espèces du Pain et du Vin.

Lorsque nous, les prêtres, pénétrons dans le Sanctuaire pour accomplir le sacrifice non sanglant, nous sommes (en tout cas nous devrions…) comme ces prophètes devant la Gloire de Dieu et nous célébrons avec les puissances angéliques.

« Nous qui dans ce Mystère représentons les chérubins », prière du prêtre avant la Grande Entrée, montre le redoutable mystère. Car les chérubins de l’Ancien Testament servent le Trône de Gloire et le soutiennent. Mais nous, nous introduisons Celui qui est sur ce Trône de Gloire, non seulement sur l’autel, mais dans nos cœurs. A la liturgie des Saints Dons Présanctifiés, nous chantons :

« Maintenant les puissances des Cieux célèbrent invisiblement avec nous, car voici que s’avance le Roi de Gloire. Voici que s’avance avec son escorte le sacrifice déjà accompli. Approchons avec foi et amour afin de devenir participant de la vie éternelle ».

 

A suivre

Ézéchiel 1 

1. La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, alors que je me trouvais parmi les déportés au bord du fleuve Kebar, le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines.

2. Le cinq du mois - c'était la cinquième année d'exil du roi Joiakîn -

3. la parole de Yahvé fut adressée au prêtre Ézéchiel, fils de Buzi, au pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar. C'est là que la main de Yahvé fut sur lui.

4. Je regardai : c'était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu.

5. Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l'aspect : ils avaient une forme humaine.

6. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes.

7. Leurs jambes étaient droites et leurs sabots étaient comme des sabots de bœuf, étincelants comme l'éclat de l'airain poli.

8. Sous leurs ailes, il y avait des mains humaines tournées vers les quatre directions, de même que leurs faces et leurs ailes à eux quatre.

9. Leurs ailes étaient jointes l'une à l'autre; ils ne se tournaient pas en marchant : ils allaient chacun devant soi.

10. Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d'homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d'aigle.

11. Leurs ailes étaient déployées vers le haut; chacun avait deux ailes se joignant et deux ailes lui couvrant le corps;

12. et ils allaient chacun devant soi; ils allaient là où l'esprit les poussait, ils ne se tournaient pas en marchant.

13. Au milieu des animaux, il y avait quelque chose comme des charbons ardents ayant l'aspect de torches, allant et venant entre les animaux; le feu jetait une lueur, et du feu sortaient des éclairs.

14. Les animaux allaient et venaient, semblables à l'éclair.

15. Je regardai les animaux; et voici qu'il y avait une roue à terre, à côté des animaux aux quatre faces.

16. L'aspect de ces roues et leur structure avait l'éclat de la chrysolite. Toutes les quatre avaient même forme; quant à leur aspect et leur structure : c'était comme si une roue se trouvait au milieu de l'autre.

17. Elles avançaient dans les quatre directions et ne se tournaient pas en marchant.

18. Leur circonférence était de grande taille et effrayante, et leur circonférence, à toutes les quatre, était pleine de reflets tout autour.

19. Lorsque les animaux avançaient, les roues avançaient à côté d'eux, et lorsque les animaux s'élevaient de terre, les roues s'élevaient.

20. Là où l'esprit les poussait, les roues allaient, et elles s'élevaient également, car l'esprit de l'animal était dans les roues.

21. Quand ils avançaient, elles avançaient, quand ils s'arrêtaient, elles s'arrêtaient, et quand ils s'élevaient de terre, les roues s'élevaient également, car l'esprit de l'animal était dans les roues.

22. Il y avait sur les têtes de l'animal quelque chose qui ressemblait à une voûte, éclatante comme le cristal, tendue sur leurs têtes, au-dessus,

23. et sous la voûte, leurs ailes étaient dressées l'une vers l'autre; chacun en avait deux lui couvrant le corps.

24. Et j'entendis le bruit de leurs ailes, comme un bruit d'eaux abondantes, comme la voix de Shaddaï; lorsqu'ils marchaient, c'était un bruit de tempête, comme un bruit de camp; lorsqu'ils s'arrêtaient, ils repliaient leurs ailes.

25. Et il se produisit un bruit.

26. Au-dessus de la voûte qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, un être ayant apparence humaine.

27. Et je vis comme l'éclat du vermeil, quelque chose comme du feu près de lui, tout autour, depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessus; et depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessous, je vis quelque chose comme du feu et une lueur tout autour;

 

28. l'aspect de cette lueur, tout autour, était comme l'aspect de l'arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C'était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face contre terre; et j'entendis la voix de quelqu'un qui me parlait.

Ézéchiel 2 

1. Il me dit : « Fils d'homme, tiens-toi debout, je vais te parler. »

2. L'esprit entra en moi comme il m'avait été dit, il me fit tenir debout et j'entendis celui qui me parlait.

3. Il me dit : « Fils d'homme, je t'envoie vers les Israélites, vers les rebelles qui se sont rebellés contre moi. Eux et leurs pères se sont révoltés contre moi jusqu'à ce jour.

4. Les fils ont la tête dure et le cœur obstiné; je t'envoie vers eux pour leur dire : «Ainsi parle le Seigneur Yahvé. »

5. Qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas, c'est une engeance de rebelles, ils sauront qu'il y a un prophète parmi eux.

6. Pour toi, fils d'homme, n'aie pas peur d'eux, n'aie pas peur de leurs paroles s'ils te contredisent et te méprisent et si tu es assis sur des scorpions. N'aie pas peur de leurs paroles, ne crains pas leurs regards, car c'est une engeance de rebelles.

7. Tu leur porteras mes paroles, qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas, car c'est une engeance de rebelles.

8. Et toi, fils d'homme, écoute ce que je vais te dire, ne sois pas rebelle comme cette engeance de rebelles. Ouvre la bouche et mange ce que je vais te donner. »

9. Je regardai, et voici qu'une main était tendue vers moi, tenant un volume roulé.

 

10. Il le déploya devant moi : il était écrit au recto et au verso; il y était écrit : « Lamentations, gémissements et plaintes. »


Chers amis,

Nous voici à l’entrée de la cinquième semaine du Grand Carême. Cette semaine est caractérisée par la lecture du Grand Canon de Saint André de Crête le jeudi matin aux matines et l’Acathiste à la Sainte Mère de Dieu le samedi matin aux matines. Ces offices dans la Tradition russe de l’Archevêché sont généralement célébrés la veille au soir (donc le mercredi 1 et vendredi 3 avril). Vous trouverez ces textes ci-dessous.

Prochainement, je vous proposerai une réflexion issue du Livre d’Ezéchiel.

 

P. Philippe

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Vous retrouverez les trois textes, du Père Elie, du Père Syméon et du Père Philippe (Dautais) page HOMELIES

Dimanche 29 Mars 2020

4° dimanche de Carême

De Saint Jean Climaque

 

Nous voici arrivés à la quatrième semaine du Grand Carême, semaine marquée cette année par la fête de l’Annonciation, et ce dimanche par l’évocation de la mémoire de Saint Jean Climaque avec l’Evangile des Béatitudes ainsi que de l’enfant possédé d’un esprit muet. S’il existe un lien entre ces trois évènements, c’est l’humilité.

Humilité de Marie Comment une enfant, puis une frêle jeune fille et enfin une femme fragile, ne souhaitant qu’une chose, rester prêt de la présence Divine au Temple, comment donc pouvons-nous nous adresser à elle avec cette prière : sauve nous ! Cette vertu est l’humilité. L’orgueil d’Eve tendant l’oreille à de malignes paroles a été détruit par l’humilité de Marie, écoutant l’Archange Gabriel lui annonçant la « Bonne Nouvelle ». Marie s’est alors considérée comme l’humble servante du Seigneur, s’ouvrant totalement au regard du Très Haut qui l’a alors remplit du Saint Esprit. Donc Marie est bien « l’avocate intrépide des chrétiens » et son intercession, sa prière en faveur de ceux qui l’invoquent est toute puissante, car elle pourra dire lors du redoutable jugement à chacun de ceux qui l’ont imploré : vous êtes sauvés. Alors prions encore et encore la Mère de Notre Seigneur de nous amener à cette humilité du serviteur priant.

Humilité de Saint Jean Climaque Nous savons peu de choses de Jean, si ce n’est par les écrits d’un certain Daniel, moine de Raïthou et d’Anastase le Sinaïte qui fut moine à l’époque ou Jean était l’abbé du monastère Sainte Catherine. Jean dévoile un zèle ardent pour la vie spirituelle allié à un don exceptionnel de discernement, doublé d’un humour discret et savoureux. L’Echelle Sainte, rédigée à la fin de sa vie, retrace toute son expérience de la lutte spirituelle du moine hésycaste pour atteindre les saintes vertus célestes. Lui-même a donc vécu cette sainte vertu de l’humilité, et il dira : « Le dernier de tous, ayant recueilli ce qui tombait des lèvres de ses pères bienheureux et doués de connaissance comme un chien des miettes qui tombent de la table, j’en donnerai cette définition : l’humilité est une grâce ineffable dans l’âme dont le nom n’est connu que de ceux qui l’ont appris par l’expérience. » Il donnera de la sainte humilité un enseignement particulier au 25ième degré de l’Echelle. Jean comparera l’âme broyée par le repentir à la farine broyée pour le pain, l’affliction sincère à l’eau qui, mélangée à la farine amènera comme à une certaine union avec Dieu, mais il y faudra le feu du Seigneur pour devenir pain, et alors comme pour le pain, la sainte humilité prend consistance.

Humilité du Christ « Je suis doux et humble de cœur ». Il n’est certes pas nécessaire de parler de l’humilité du Christ tellement cela paraît évident. Et si l’échec des disciples à chasser ce démon révèle chez eux la fragilité de leur foi à cette instant, c’est peut-être aussi que la force que le Seigneur leur avait transmise avec l’ordre de chasser les démons et guérir les malades était entachée d’un manque d’humilité probable. N’avaient-ils pas la sensation d’une puissance ? Ainsi, dans son discours sur la montagne, Jésus ne donne pas de consignes, d’ordres, d’obligations, mais l’espoir.
  « Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des Cieux est à eux » sont des paroles d’une grande douceur vis-à-vis d’un peuple plus habitué à entendre imprécations et menaces. Ici, on peut citer Isaïe « Sur qui porterais-je un regard favorable si ce n’est sur l’homme doux et paisible qui reçoit mes paroles avec tremblement ». (Isaïe 66,2)
  « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés » Il s’agit là d’une tristesse selon Dieu, comme le dit Saint Paul : « pleurez sur vos péchés et ceux des autres (2Co7)
  « Heureux les doux car ils posséderont la terre » ; le psaume 37 nous dit : le bonheur est pour les justes et la ruine pour les impies. En opposant à la violence et la haine l’humilité et la douceur, alors « toutes choses travaillent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom 8,28)
  « Heureux les affamés et assoiffés de justice car ils seront rassasiés » et nous pourrions poursuivre ainsi avec ceux qui sont miséricordieux, ceux qui ont le cœur pur, les artisans de paix et enfin les persécutés pour la justice. Le nouveau commandement que donne le Seigneur dans ce discours, et d’autres, revient toujours a « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé, à cela on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ». En ce temps où nous sommes tenus « en cellule » comme nos moines et moniales, profitons en pour nous exercer davantage à la prière personnelle, et d’exercer ainsi la vertu des vertus : l’humilité.

Archiprêtre Philippe Maillard, Doyen Val de Loire Poitou

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Cahier d'activités n° 3 dimanche de Saint Jean Climaque et 5e semaine de Carême - Fraternité Orthodoxe
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SUR LES SERMONS 63,64 ET 65 DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE SUR LAZARE

 

Pierre Chrysologue est né vers 405 en Italie, probablement à Imola près de Ravennes. Il reçu la charge épiscopale entre 425-431 et devin évêque de Ravennes. Son successeur sur le trône archiépiscopal, Félix, publia une suite de 179 sermons qui nous sont parvenus. Son surnom de Chrysologue lui fut donné autour de 840 comme le signale le biographe Agnellus. Chrysologue voulant dire « qui parle d’or ».

Son style oratoire dénote une bonne culture. Il faut admettre qu’il est peu cité aujourd’hui par les patrologues. Pourtant, il vécut entre les deux conciles de 431 (Ephèse : affirme l'unité du Christ dès sa conception et appelle sa mère « Mère de Dieu » (Mère de Celui qui est Dieu par nature). Il condamne Nestorius et 451 (Chalcédoine : affirme que Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme, les deux natures humaine et divine en la personne de Jésus-Christ sont consacrées ) et témoigne ainsi des soucis pastoraux de ce temps concernant l’Incarnation du Christ et les deux natures.

Nous allons parcourir les trois sermons (63 à 65) sur la Résurrection de Lazare et en tirer quelques enseignements.

 

Premier sermon sur la résurrection de Lazare

Pierre commence son sermon en se référant implicitement à Saint Augustin pour qui « la résurrection de Lazare est surtout objet de prédication » (Homélie XLIX). Il écrit :

« contemplons la figure de la résurrection, parce que nous y voyons le signe des signes, nous y décernons la vertu des vertus et nous y détectons la merveille des merveilles »

Il nous fait remarquer que Jésus avait déjà ramené à la vie la fille de Jaïre, le fils de la veuve de Naïne, mais que dans ces cas Il avait arrêter l’œuvre même de la mort et privé ainsi l’Enfer de ses proies, soustrayant ces morts aux Lois de la mort. Ici, et le fait même que Lazare soit mort depuis quatre jours, montre bien que ce dernier était désormais sous la Loi de la mort. D’ailleurs, prévenu par les sœurs de Lazare qu’il était malade, Jésus a attendu deux jours, car ce n’est pas d’éloigner la maladie dont il est question, mais de la gloire imminente de la résurrection. Il laisse ainsi celui que Pierre Chrysologue nomme le Tartare agire :

« Vous voyez comme Il donne carte blanche à la mort, comme Il donne au Tartare toute la latitude possible, comme Il autorise la corruption. Il ne retranche rien à la putréfaction ni aux exhalaisons pestilentielles. Il fait en sorte que tout espoir humain soit anéanti, que le désespoir terrestre soit à son comble, pour que Son intervention ait un caractère divin et non humain. »

Là, le Seigneur a cette parole étonnante : « Lazare est mort et je m’en réjouis ». Ceci est en fait une grande pédagogie. Jésus sait que ses disciples sont dans le doute et la tristesse devant l’annonce de la passion du Maître. Jésus savait qu’ils allaient perdre jusqu’à la foi en Lui. Ainsi dira-t-il juste après : « Je me réjouis à cause de vous pour que vous croyiez ».

Marthe s’exclame alors : « Si tu avais été là » manifestant en fait encore une grande incompréhension quant à Celui qui est jésus. Pierre Chrysologue dans ses différents sermons a des paroles assez dures concernant la Femme, façon assez commune à son époque, mais aussi probablement dans le but de souligner le Salut apporté par Marie. Donc Marthe manque de foi en Dieu, elle qui dit au Seigneur que ce qu’Il demandera à Dieu Il l’obtiendra. Chrysologue dit alors « Dieu donne de lui-même, Il ne se demande pas à Lui-même ».

Marthe croit en la résurrection « au dernier jour », mais ne voit pas que la Résurrection est face à elle en la personne du Christ. « Je suis la résurrection » est la réponse de Christ.

« Pourquoi dire Je suis la résurrection, et non je ressusciterai ? Pourquoi ? Parce qu’Il a assumé l’homme, parce qu’Il a assumé la mort, afin que Celui qui, en commandant, en a ressuscité un, ressuscite en Lui tous les hommes en ressuscitant; et pour qu’à ceux qu’Adam a été un puits de mort, le Christ soit une fontaine de vie. Et pour que soit accompli ce mot de l’Apôtre : Comme tous sont morts en Adam, de la même façon tous seront rendus à la vie par le Christ. Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra, et tous ceux qui vivent et croient en moi ne mourront pas éternellement. Crois-tu cela ? »

 

Dans le sermon suivant, car Pierre Chrysologue, en bon pédagogue, produisait des sermons courts et préférait en faire plusieurs pour conserver l’attention de son auditoire, il va aborder les pleurs de Jésus.

Souvent, lorsque l’Evangéliste Saint Jean écrit ceci :

« Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. Il dit : « Où l'avez-vous mis ? » Il lui dirent : « Seigneur, viens et vois. » Jésus pleura. »

Nous supposons souvent que Jésus pleure soit comme les Juifs pleuraient les morts, car aucun mortel ne peut pas ne pas souffrir devant la mort, et donc de perdre son ami, ou encore devant l’abomination de la mort.

Mais alors, pourquoi s’être précédemment réjouis de la mort de Lazare ?

Lisons ce passage :

« Les larmes du Christ n’exprimaient pas la douleur de la mort, mais l’anticipation de la joie qu’Il ressentira quand par sa voix, par une seule parole, Il rappellera tous les morts à la vie perpétuelle. Il frémit en esprit, et se trouble de toutes les palpitations de son cœur, parce qu’Il ne pouvait à ce moment ressusciter que Lazare, et non tous les morts. Qui pourrait penser que le Christ a pleuré ici par faiblesse humaine, alors que le Père céleste a pleuré le fils prodigue à son retour, non à son départ ? Le Christ pleure Lazare au moment où Il le reçoit, non au moment où Il le perd. Il n’a donc pas pleuré en voyant les autres pleurer. Mais quand Il constate par les réponses de ceux qu’Il interroge qu’il ne reste plus de foi, Il dit : Où l’avez-vous mis ? Et ils lui répondirent : Seigneur, viens et vois. Ils pensaient qu’Il ignorait où Lazare avait été placé sur la terre, Lui qui connaissait les lieux sordides où le Tartare le retenait. En interrogeant ainsi, Il exigeait la foi, Il répandait la science, pour que les assistants sachent que la mort, que le tombeau, que la corruption, que la putréfaction, que la puanteur, ne provenaient pas de la sage disposition de Dieu, mais de la faute de l’homme. »

« Enlevez la pierre », telles sont les paroles de Jésus devant un tombeau qui a toutes les spécificités de ce qui sera le sien. Lui qui va ressusciter Lazare ne pouvait-il pas d’une parole faire rouler la pierre de devant ce tombeau ? Pierre Chrysologue rappelle les paroles d’Ezéchiel : « j'extirperai de leur chair le cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair, », établissant un lien avec les Juifs du temps de Jésus, pour qu’ils arrachent leur cœur de pierre, rouler le roc de leur manque de foi, pour que surgissent leurs âmes mortes du tombeau de leurs cœurs.

« Père, je te rends grâces de m'avoir écouté. Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. »

Pierre fait bien remarquer qu’il n’y a de nécessité de supplier entre le Père et le Fils. Il insiste sur le fait que tout est vécu dans l’amour entre le Père et le Fils et que là point n’est besoin de soumission. Cette insistance est due aussi au contexte de l’époque où sévissait l’hérésie arienne, professant l’infériorité du Fils par rapport au Père. Or Jésus précise bien que ce qu’il dit, Il le dit pour la foule afin qu’elle sache qu’Il vient du Ciel. Ainsi le Fils reçoit ce qu’Il possède et le Père ne perd pas ce qu’Il a donné.

Pour finir ce troisième sermon, Pierre Chrysologue va anticiper la descente du Christ aux Enfers, en faisant s’adresser à Dieu celui qui préside aux Enfers, le Tartare, Satan. Dès que le Christ commence à frapper les portes de la mort, Satan redouble de véhémence et s’oppose à Lui, brandissant avec un incroyable orgueil la sentence que Dieu Lui-même avait prononcé contre l’Homme.

La mort se demande alors qui est celui qui ose s’avancer dans son redoutable empire. Le Tartare demande alors aux anges ce qu’il en est . Leur réponse est dans le Psaume 23 :

« C’est Lui le roi de gloire, il est fort et puissant au combat ». Lisons la suite du sermon :

Mais réplique le tartare : Je connais moi, le Roi de gloire qui préside dans les cieux sur toutes les puissances célestes, dont toute la création ne peut pas supporter le moindre signe de tête. Mais Celui-ci, je vois qu’Il vient de la terre, qu’Il a été formé du limon, qu’Il est doté d’un corps mortel, qu’Il est de forme et de condition humaine. Il est même plus vil que les hommes, puisqu’Il doit être livré au sépulcre, et qu’Il s’apprête à tomber sous ma juridiction. Mais les anges persistent et répètent : Celui-ci est le Seigneur des vertus, c’est Lui le roi de gloire. C’est Lui qui préside dans les hauteurs, c’est Lui le créateur du monde, c’est Lui le sauveur du monde. Lui, le Rédempteur de tous, portera la sentence de condamnation sur le vol que tu as commis. C’est Lui qui te piétinera la tête, qui fracassera ton empire, qui te châtiera par son jugement, toi qui après avoir reçu l’ordre de t’emparer des coupables, séduis les innocents, déchires les saints, et portes ton insolence jusqu’à menacer le Fils de Dieu Lui-même. Rends-en donc un avant d’être forcé d’en renvoyer plusieurs. Mais ne croyant pas encore ces choses, le tartare s’adresse au Ciel par le moyen de ses messagers accoutumés, pour porter plainte en un plaidoyer inspiré par l’envie : Moi, Seigneur, même si je suis la dernière de tes créatures, et qu’asservi à ton triste service, j’observe tes préceptes comme s’il s’agissait d’une loi inviolable, je veille à ce qu’aucun novateur téméraire ne porte atteinte au droit antique fondé sur ta sentence de condamnation. Mais un homme est apparu qui se dit le Christ, se vantant d’être ton Fils. Il interpelle tes prêtres, dispute avec les scribes, viole tes sabbats, affranchit de l’observance de ta loi, et force à retourner à leurs corps, dans lesquels ils ont vécu avec scélératesse, les âmes qui vivent sans la chair, qui sont condamnées à la peine et remises à ma charge. Et Il pousse ses audaces si loin qu’Il cherche à faire sortir de l’enfer par effraction Lazare déjà claustré dans notre prison, un vaincu régi par notre loi, relevant déjà de notre code de droit. Hâte-toi d’intervenir, autrement, s’il ouvre une fois les portes, tu perdras tous ceux que pendant des siècles nous avons écroués. A ces paroles, le Fils répondit du sein du Père : Mon Père, il est juste que la prison retienne ceux qui ne sont pas innocents, mais non les innocents. Que la peine ne torture pas les justes, mais les injustes. Pendant combien de temps continuera ce carnivore à attirer à lui en une cruelle vexation, à cause de la faute d’un seul homme, à cause du péché du seul Adam, les patriarches, les prophètes, les martyrs, les confesseurs, les vierges, les veuves, ceux qui ont pratiqué la chasteté dans le mariage, tous les états, l’un et l’autre sexe, et les enfants qui ne connaissent ni le bien ni le mal ? Père, je mourrai pour que tous ne meurent pas. Père, moi, je vais payer la dette d’Adam, pour que par moi ils vivent pour toi, ceux qui par Adam meurent dans l’enfer. Père, à cause de ta sentence de condamnation, je répandrai, moi, mon sang, autant qu’il le faudra pour que ta créature revienne à Toi. Que la valeur de mon sang soit pour toi le prix exigé pour la rédemption de tous les morts. Toute la trinité donna son consentement à ces paroles, et ordonna à Lazare de sortir. Et le tartare reçut l’ordre d’obéir au Christ et de rendre tous les morts. Voilà pourquoi le Fils clame : Je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. L’Apôtre atteste que le Christ, notre avocat, est auprès du Père. Donc quand Il siège, Il juge conjointement avec le Père. Quand Il se tient debout, Il remplit le rôle de l’ Avocat. Le Christ donc, après invoqué son Père, crie d’une voix puissante : Lazare, viens dehors ! »

Nous vous souhaitons bonne continuation de carême en méditant sur ces textes.

P. Philippe

 

 

 

Prière à St Luc de Crimée :

 

Ô Saint thaumaturge Luc, chirurgien de Crimée, confesseur aimant le Christ ! Entends la prière de pécheurs que nous t'adressons  avec tendresse devant tes reliques sacrées, et présente-la au Dieu de miséricorde, toi qui maintenant contemples sa gloire avec tous les saints. 

 

Demande au Christ notre Dieu ce qui est nécessaire au salut de nos âmes, la connaissance de la vraie foi et guéris par la grâce que Dieu t'a accordée les blessures de nos âmes et de nos corps. Garde-nous  des artifices du malin , de toute inimitié et désordre, nous tenant éloignés de l'hérésie et du schisme.

 

Ainsi, purifiés et sans reproche, nous pourrons nous tenir devant le trône de Gloire de notre  Dieu, glorifiant sans cesse la vérité du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen

Saint-Luc Le chirurgien, Saint Hiérarque de Simferopol, martyr et confesseur du Christ,

gardien fidèle de la tradition des Pères, inébranlable pilier de la foi orthodoxe,

toi qui a pris ta croix pour suivre le Christ Notre Dieu, toi qui as enduré tellement de peine,

qui as été enfermé en prison, entouré par la maladie et la misère dans le froid de l'hiver

et qui sans relâche a soulagé la souffrance des hommes,

 

prie le Seigneur notre Dieu de donner à nos âmes la paix et la grande miséricorde.

Vous trouverez les offices complets à Saint Luc de Simféropole ci-dessous 

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OFFICES D'INTERCESSION A SAINT LUC DE CRIMEE
office d'intercession à saint Luc de Cri
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Prière à St Jean le Russe

 

Ô toi qui as trouvé grande grâce auprès de Dieu, saint et juste Jean le Russe, qui as resplendi dans la contrée d’Asie Mineure par ta vie semblable à celle des Anges, par ton zèle pour le Seigneur et tes exploits ascétiques dans la confession de la foi chrétienne, ornement très lumineux de la ville de Neoprokopi et de toute la terre d’Héllade, secours et ferme intercesseur pour le pays gardé de Dieu de Russie, pour son peuple et pour tous les chrétiens orthodoxes qui vivent de par le monde ! Nous rendons grâce au Seigneur, admirable dans Ses Saints, qui t’a confirmé inébranlable dans la vraie foi, t’a affermi dans la défense de sa confession et t’a accordé un bon achèvement à ton exploit ascétique si difficile, et, ensuite, a manifesté nombre de miracles éclatants à travers la chasse prodigue en guérisons de tes reliques. 
Maintenant que tu te tiens en présence du Roi céleste, implore-Le de préserver toutes les villes et les villages de notre pays, de la terre de Russie, de la terre d’Héllade, de la famine, des tremblements de terre, du gel, de l’incendie, des maladies mortelles, des invasions de peuples étrangers et de la guerre civile, obtenant pour les armées aimant le Christ qu’elles vainquent et l’emportent et dans leur lutte contre les ennemis de la patrie. Secours tous ceux qui sont en voyage, dans la maladie, la réclusion, ceux qui souffrent les afflictions ou les persécutions pour la sainte foi orthodoxe. Unis tous les gens orthodoxes dans leur amour pour notre Christ Dieu et Sa sainte Eglise, donne-nous l’esprit d’amour et de paix pour l’union fraternel de tous les fidèles. Supplie le Seigneur , qu’Il nous accorde l’esprit de pénitence et de contrition pour nos péchés, et que de Sa grâce Il nous aide et affermisse dans la lutte contre les passions et les concupiscences, qu’Il nous donne l’esprit d’humilité et de douceur, l’esprit d’amour fraternel et d’innocence, l’esprit de zèle pour Dieu et pour le salut du prochain.
Souviens-toi de nous pécheurs qui te prions : guéris ceux qui souffrent et sont malades, console les affligés, accorde un prompt secours aux possédés, pour tous ceux qui t’honorent et t’aiment, demande une fin de vie chrétienne, sans douleur, sans honte, paisible, et une bonne défense au redoutable tribunal du Christ. Sois notre aide et protecteur pour notre salut, afin que par tes prières nous puissions dans ce siècle présent et celui à venir glorifier le Dieu glorieux dans la Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours  et aux siècles des siècles. Amen


DIMANCHE DE LA CROIX

3° DE CARÊME

REFLEXIONS

 

Nous voici au dimanche de mi-carême, celui de La Croix :

« Scandale pour les Juifs, folie pour les Grecs » (1Co 1,23)

 On peut s’interroger, comme le fit Grégoire de Nysse, sur le choix de ce supplice particulièrement abominable, par Notre Seigneur.

Lui-même nous dit :

« Le Fils de l’Homme DOIT beaucoup souffrir, être rejeté et crucifié, puis le troisième jour se relever » (Lc, 9,22)

Ce « DOIT » est impératif. Saint Paul nous en donne la raison dans sa Lettre aux Ephésienns (3,18-19)

« Que vous deveniez capable, vous et tous les saints de comprendre combien cet amour (du Christ) est étendu, large, haut et profond que vous puissiez connaître en un mot l’amour de Christ qui dépasse toute connaissance afin que vous soyez comblés et puissiez atteindre la plénitude.)

Le Christ est celui qui embrasse tout, Lui qui vient du Ciel (hauteur) et descend aux Enfers (profondeur), et dont les extrémités du monde sont embrassées par la puissance qui porte l’Univers.

Déjà, le grand David, parlant de lui-même, s’interroge sur cette forme, la croix :

« Où irai-je loin de ton esprit, où fuirai-je loin de ta face? Si j'escalade les cieux, tu es là, qu'au shéol je me couche, te voici. Je prends les ailes de l'aurore, je me loge au plus loin de la mer, »

La hauteur est vers les cieux, la profondeur au shéol, l’horizontale va de levant au couchant.

A travers l’instrument de son supplice, déjà évoqué symboliquement ici par David, le Christ montre qu’Il embrasse toute la création visible et invisible.

 

En méditant alors sur la verticale de la Croix, comment le Seigneur peut-il être en même temps dans l’Enfer et le Paradis ?

 On trouve cette question lors de l’encensement de l’autel par le diacre ou le prêtre disant :    - face à l’autel : dans le tombeau avec ton corps

-          à droite : dans les enfers avec ton âme en tant que Dieu

-          derrière : au paradis avec le larron

-          à gauche : et sur le Trône de gloire de Ton Royaume avec le Père et l’Esprit, ô Christ, toi l’illuminé qui emplit tout.

Lorsque eu lieu l’Incarnation, Dieu a transformé l’homme tout entier dans le sens de la nature divine lorsqu s’est mêlé à lui. Ceci signifie qu’à la séparation de l’âme et du corps au moment de la mort, ce mélange divino-humain n’a abandonné aucun des deux éléments. En séparant l’âme du corps, la divinité reste présente en chacun d’eux :

-          dans le corps en refusant la destruction et la mort, abolissant par là même « celui qui avait l’empire de la mort »

-          et dans l’âme car elle a ouvert au larron le paradis

Ces deux bienfaits s’accomplissent en même temps. La divinité réalise donc ceci :

Pour l’incorruptibilité du corps elle met un terme à la mort et par l’âme revenant au séjour qui lui est propre, elle provoque l’ascension des hommes au paradis.

La divinité est une et simple. Etant présente identiquement en l’âme et le corps, ce qui était séparé est à nouveau réunis. On peut alors se rappeler le sermon de Pâques de Saint Jean Chrysostome :

« Ils (les Enfers) ont pris un corps et se sont trouvés devant Dieu ; ils ont reçu de la terre et ils ont rencontré le ciel ; ils ont pris ce qu’ils voyaient et ils sont tombés à cause de ce qu’ils ne voyaient pas ».

 A bientôt avec quelques mots sur la résurrection de Lazare.

 

P. Philippe

Fête de la paroisse Saint Hilaire le 12 janvier 2020 en présence de notre Métropolite Jean: voir onglet "Saint Hilaire de Poitiers"

Pendant ce Grand Carême, le Séminaire Russe d'Epinay diffuse tous les jours en direct sur la chaîne YouTube les offices du carême.

Vous pouvez suivre ce lien

Soyez remercier pour cette initiative.

Prions ensemble

Office d'intercession en cas d'épidémie sur la page ressources, en pdf téléchargeable

Poème de Saint Ephrem

1. La femme durant le banquet

a embrassé ses pieds (cf. Lc 7,38) alors qu'il est, lui,

le Seigneur de splendeur.

Refrain: Louange au Christ

qui est allé jusqu'à mourir,
pour faire vivre par sa mort
les enfants d
'Adam!

2. La pécheresse s'est approchée

de celui qui pardonne à tous,
et sa bouche s
'est faite hysope
pour blanchir les fautes.

 

3. Celui qui méritait le blâme l'a blâmé:

Il ne sait donc pas! • (cf. Lc 7, 39) - alors qu'en lui reste caché

tout savoir!

4. Marie lui a donné l'onction (cf. Jn 12, 3)  alors que pour un chérubin,
approcher sa tête n'est pas permis !

5. Jean lui aussi s'est appuyé sur sa poitrine afin d'élever ceux d'en bas au rang de ceux d'en haut.

6. Il a montré de quelle façon
Adam était aimé,

quand il était pur et saint
comme Jean.

7. Il montre de quelle façon
sont aimées aussi

les vierges qui sont saintes
comme Jean.

8. Car en un seul qu'il a chéri,
il a donné le gage
qu'il était disposé
à chérir
tous les saints
.

9. L'Iscariote a grommelé

contre la bienheureuse:
parlant au nom des pauvres,

le voleur a jugé (cf. Jn 12, 5).

10. Notre Seigneur a compris mais s'est abstenu
de le démasquer,

bien qu'il soit le creuset

où tout se révèle.

 

11. Le secret qui restait caché
au
x disciples,

il l'a révélé à Jean

comme à son bien-ai.

12. La virginité s'est approchée
de celui qui est saint
:
il a montré que la sainteté

est initiée à son mystère.

13. Trempant le pain il l'a donné

à la malhonnêteté (cf. Jn 13, 26) :
elle s'est dévoilée elle-même

sans y être contrainte.

14. Car il a attendu patiemment,
lui, le bienveillant,
que le malfaiteur

s'accuse lui-même.

15. Trempant le pain il l'a donné
au mort secret
:

un pain désormais dépouillé
du remède de vie
.

16. Celui qui vivifie tout a béni
cette nourriture ;

elle est devenue remède de vie
sous les yeux des convives.

17. Ce pain ainsi dépouillé

de toute bénédiction,
le maudit l'a reçu,

second serpent.

18. Il a reçu le pain et s'est écarté
des disciples :

c'est lui-même qui s'est écarté

sans qu'on l'ait rejeté (cf. Jn 13, 30).

 

19. Notre Seigneur ne l'a pas écarté

pour que nul ne puisse faire grief
de c
e que la force l'ait contraint,

et non la volonté.

20. Alors qu'il n'était pas invité,

c'est notre Seigneur qui l'a attiré;
puisqu'il s'est écarté et qu'il est sorti,

ce n'est pas lui qui l'a chassé.

21. Ce fut une bonne chose

que l'Elu le choisisse;
ce fut une mauvaise chose
qu
'il s'exclue lui-même.

22. Puisqu'il s'est écarté et qu'il est sorti,
le loup caché,

du milieu du troupeau

des Douze,

23. l'Agneau véritable s'est levé
et a partagé son corps
aux brebis qui avaient mangé
l'agneau pascal
.

24. Alors s'est effacée

la figure qui avait eu cours
depuis l'Egypte

jusqu'alors.

 

 

CALENDRIER DE CARÊME 2020


OFFICES ANNULES POUR L'INSTANT

 

DÉBUT DU GRAND CARÊME.

 

♦ Lundi 2 Mars : à 18 h, Grandes Complies

avec lecture du Grand Canon de Saint André de Crète.

♦ Samedi 7 Mars : Mémoire du Mégalomartyr Théodore le Conscrit (Tiron). Vigiles.

♦ Dimanche 8 Mars : 1° Dimanche du Grand Carême. Dimanche du Triomphe

 de l’Orthodoxie. Divine Liturgie . Assemblée Générale Ordinaire à 13h45

♦ Mercredi 11 Mars : 18 h : Liturgie des Saints Dons Présanctifiés.

♦ Dimanche 15 Mars :2° Dimanche du Grand Carême. De Saint Grégoire

Palamas . Saint Agapios et ses compagnons, martyrs à Césarée(303). Divine

Liturgie

♦ Mercredi 18 Mars : 18 h : Liturgie des Saints Dons Présanctifiés.

♦ Samedi 21 Mars : Saint Jacques, Évêque et Confesseur à Constantinople (9°)

Vigiles.

♦ Dimanche 22 Mars : 3° Dimanche du Grand Carême. De la Sainte Croix. Saint

Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362). Divine Liturgie et Vénération de la Sainte

Croix.

♦ Mercredi 25 Mars : Annonciation de la Très Sainte Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie ;

♦ Dimanche 29 Mars : 4° Dimanche du Grand Carême. De Saint Jean Climaque. Saint Marc, évêque d’Aréthuse en Syrie et St Cyrille, diacre à Héliopolis avec leurs compagnons martyrs (364). Divine Liturgie

♦ Mois d’Avril 2020.

♦ Mercredi 1 Avril : Lecture du Grand Canon de Saint André de Crête à 18h.

♦ Vendredi 3 Avril : Chant de l’Acathiste à la Mère de Dieu à 18h.

 

♦ Samedi 4 Avril : Saint Georges, ermite. Saint Zozime. Vigiles.

♦ Dimanche 5 Avril : 5° Dimanche du Grand Carême. De Sainte Marie l’Egyptienne. Divine Liturgie

♦ Samedi 11 Avril : Résurrection de Lazare Vigiles.

♦ Dimanche 12 Avril : Dimanche des Rameaux. Divine Liturgie

 

                     GRANDE ET SAINTE SEMAINE DE LA PASSION

 

♦ Mercredi 15 Avril : Office de l’Huile de Guérison à 18h.

♦ Jeudi 16 Avril : Vêpres suivies de la Divine Liturgie de la Saint Cène à 10h. Office des Douze Evangiles à 18h

♦ Vendredi 17 Avril : Office de la Mise au Tombeau suivi des Matines du Grand Samedi à 18h.

 

♦ Samedi 18 Avril : 21 Heures : Office de minuit, Matines de Pâques, Divine Liturgie de la Résurrection de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ, suivies des Agapes.