Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe Occidentale

Exarchat du Patriarcat Œcuménique

Nouvelles pages: Evangile de la Passion et Icônes et DIAPORAMA

Dimanche 26 février 2017

 

 

Dimanche de l'Exil d'Adam

(de la tyrophagie ou du dernier jour des laitages)

Du Pardon

 

 

 

Samedi: Office des Vigiles à 18h

Dimanche: Liturgie à 10h30,

suivie des vêpres du pardon

 

 

Lecture de la Première Lettre de Saint Paul aux Romains (XIII, 11 - XIV, 4)

 

 

 

Romains 13  
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru.
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière.
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies.
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises.
  Romains 14
1 A celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes :
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l'a bien accueilli.
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui ? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître ; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.

Évangile de la Liturgie ( Saint Matthieu 6, 14 - 21)   

 


  

Matthieu 6  
14 « Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ;
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements.
16 « Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu'ils jeûnent. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense.
17 Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,
18 pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
19 « Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent.
20 Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent.
21 Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.

Tropaire de la Résurrection : Du Ciel Tu descendis, ô Dieu de miséricorde ;+ trois jours dans le tombeau Tu souffris de demeurer pour nous délivrer de nos péchés ;/ notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !//

Kondakion du Triode : Initiateur en sagesse et Guide en intelligence,+ Pédagogue des égarés,+ Protecteur des pauvres,/ fortifie et instruis mon cœur, ô Maître !/ Accorde-moi la parole, ô Parole du Père,/ car je ne puis retenir mes lèvres de te crier : « Ô Miséricordieux, fais-moi miséricorde, à moi qui me suis trompé! »//

 

Prokimenon du Triode: Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur notre Dieu ! // V/ : Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand!

Catéchèse : le jeûne pour la Bible et l’Eglise (d’après P. Placide, Humilier son âme par le jeûne, monastère Saint-Antoine-le-Grand, 2007) .

1) Le jeûne, dans l’Ancien Testament, est surtout un rite pénitentiel, en relation avec l’Alliance, envers laquelle le péché est une infidélité, et qui est restaurée par le repentir. Accompagné des manifestations traditionnelles du deuil, il apparaît dans la Bible comme l’expression d’une profond repentir, tel celui manifesté par Achab sous les reproches d’Elie : « Quand Achab entendit ces paroles, il déchira ses vêtements, mit un sac à même sa chair, jeûne, coucha avec le sac et marcha à pas lents » (1Rois 21, 27 ; cf. Sam.7, 6 ; Joël, 1, 13-15).

2) Le jeûne est étroitement lié à l’idée de supplication. L’Israélite pieux ne concevait pas une prière instante sans le soutien du jeûne (cf. Judith, 4, 9-13). Le peuple ou l’Israélite fidèle implore la délivrance d’une épreuve à caractère de châtiment... Mais, plus largement, il s’agit « d’humilier son âme » pour exprimer une attitude d’abandon total et confiant ; le jeûne est « le comportement typique de quiconque ne compte plus que sur le seul secours de Dieu » (Regamey, Redécouverte du jeûne, Paris, 1959). Le jeûne peut ainsi devenir le signe d’une intercession instante pour autrui (Ps.35, 13). Le croyant jeûne pour les autres, pour le monde.

3) le jeûne joue à la fois le rôle d’une intercession pour l’homme ou le peuple pécheur, et celui d’une préparation à la rencontre de Dieu. Pour exprimer son respect envers autrui, l’homme accepte de se gêner, de renoncer à ses aises et à ses plaisirs ; à plus forte raison, la crainte qui saisit la créature à l’approche de la majesté du Seigneur peut-elle inspirer des comportements analogues où le jeûne a sa place, à côté de l’enlèvement des sandales, du voile sur le visage, de l’abstinence sexuelle, de l’interdiction de toucher le lieu sacré ou d’en approcher. Ce sont des comportements symboliques en face de la sainteté divine chez celui qui a le sens de l’unité profonde de  son être humain, corps et âme, et le sens de la sainteté et de la transcendance de Dieu.

4) les prophètes d’Israël, contre le formalisme et l’hypocrisie, et sans condamner le culte en lui-même, ont fortement souligné la nécessité d’accompagner les sacrifices et les jeûnes de dispositions intérieures correspondantes, sans négliger d’accomplir les préceptes plus essentiels de l’amour du prochain et de la justice sociale (Os.6, 6 ; Is.58, 6-7). « La prière est bonne avec le jeûne, et l’aumône vaut mieux que l’or et les trésors » (Tobie, 12, 8). Ainsi se trouve constituée la trilogie, jeûne, prière, aumône, dont héritera la tradition chrétienne.

 

5) Dans l’Eglise, le jeûne a un sens nouveau par rapport à la personne de Jésus et au don de l’Esprit : préparation à la joie pascale, conversion, participation à la Pâque du Christ, manifestation de l’amour de Dieu...

 

 

 LE TRIODE

"Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de ses vallées nous avions suspendu nos harpes. Car là, ceux qui nous tenaient captifs nous demandaient des hymnes et des cantiques, nos oppresseurs , des chants joyeux: «Chantez-nous un cantique de Sion!» Comment chanterions-nous le cantique de Yahweh, sur la terre de l'étranger?Si jamais je t'oublie, Jérusalem; que ma droite oublie de se mouvoir!... 

Que ma langue s'attache à mon palais, si je cesse de penser à toi, si je ne mets pas Jérusalem au premier rang de mes joies! Souviens-toi, Yahweh, des enfants d'Edom; quand au jour de Jérusalem, ils disaient: «Détruisez, détruisez-la, jusqu'en ses fondements!» Fille de Babylone, vouée à la ruine, heureux celui qui te rendra le mal que tu nous as fait! Heureux celui qui saisira et brisera tes petits enfants contre la pierre! "
 

Psaume 137 chanté aux matines des trois dimanches préparatoires après le polyeleos 

Le « Triode » et son temps 

Nous sommes entrés dans la période du Triode qui va nous conduire vers Pâques. Le Triode, ou période pré-pascale, est l’une des trois grandes périodes de l’année liturgique qui se place entre celle de l’Octoèque (la plus longue, qui recouvre toute l'années du cycle fixe) et celle du
 Penticostaire (huit semaines depuis les Pâques).

 

Le Triode commence dix semaines avant Pâques et dure jusqu’au Samedi Saint. 

Le Triode est aussi le livre liturgique qui sera utilisé jusqu'à Pâques (l’Octoèque et le Penticostaire étant utilisé durant les autres périodes). Il porte ce nom parce que les «canons» ou compositions poétiques qui s’y trouvent ne comportent que trois «odes», au lieu de neuf le reste de l’année et dans les autres livres. Il y a un canon particulier pour chaque jour suivant une pédagogie spirituelle qui nous conduit à Pâques. 

Structure du Triode 

Le Triode est structuré en trois groupes de semaines commençant le dimanche: 

Les Dimanches préparateurs: Les trois semaines avant le début du Grand Carême, qui débutent donc dimanche prochain, sont des semaines de préparation, chacune étant consacrées à un thème spécifique qui s’exprime dans les lectures des Saintes Écritures: 

1. Le Dimanche du Publicain et du Pharisien (Luc 18,9-14 – premier dimanche du Triode), 
2. le Dimanche du Fils prodigue (Luc 15,11-32) ; 
3. le Dimanche du Jugement Dernier (appelée aussi le Dimanche de Carnaval: abstinence de viande ; Matthieu 25,31-46) ; 
4. le "Dimanche de l’expulsion d’Adam" ou "Dimanche du Pardon" (« dernier jour des laitages ») - Matthieu 6, 14-21, qui n'est pas le premier jour du Carême mais le dernier jour préparatoire puisque le Carême ne commence qu'aux vêpres. 

Dans cette période préliminaire, l’Église nous prépare pour le jeûne et nous introduit peu à peu dans l’atmosphère du Grand Carême. 
Ainsi, la semaine après le Dimanche du Fils prodigue est une semaine habituelle – on jeûne le mercredi et le vendredi. Après le Dimanche du Jugement Dernier, on ne consomme plus de viande, mais seulement des œufs, du poisson et des laitages. Le Dimanche de l’Expulsion d’Adam du Paradis conclut cette période de préparation. Le jour suivant, lundi, marque le début du Grand Carême. 

Le Grand Carême commence donc aux vêpres du "Dimanche de l’expulsion d’Adam" qui comprennent un rituel solennel du pardon : les chrétiens se demandent pardon et se l’offrent les uns aux autres pour marquer le début du Grand Carême. Les Vêpres de ce Dimanche sont donc le premier office du Carême qui ouvre le "Lundi pur". 

Les Dimanches du Grand carême portent aussi des noms spécifiques : 

1. Le Dimanche du triomphe de l'Orthodoxie ou "des icônes"; "Ce jour, premier dimanche du jeûne, nous faisons mémoire du rétablissement des saintes et vénérables icônes par les empereurs de Constantinople d'éternelle mémoire, Michel et Théodora sa mère, pendant le patriarcat du saint confesseur Méthode." 
2. le Dimanche de Saint Grégoire Palamas nous rappelle que le but de l’homme est de devenir Dieu (theosis, divinisation), par la Grâce de Dieu, dans le Saint Esprit. 
3. le Dimanche de la Sainte Croix comprend un rituel spécifique de vénération de la Croix qui prépare les fidèles à la commémoration de la Crucifixion et à la Résurrection du Seigneur. 
4. le Dimanche de Saint Jean Climaque rappelle le véritable combat spirituel nécessaire pour entrer dans le Royaume de Dieu. L’Échelle Sainte de Saint Jean Climaque nous rappelle que ce parcours du Grand Carême est un voyage vers le Ciel, par lequel nous devons abandonner un à un nos vices et nos attachements terrestres pour nous diriger vers le Dieu-Amour. 
5. le Dimanche de Sainte Marie l’Égyptienne fait comprendre que nul péché passé ni aucune ancienne malice ne sauraient écarter le véritable pénitent de Dieu. 

La Semaine Sainte: pour les chrétiens orthodoxes, le Grand Carême prend fin avec le samedi de Lazare (40ème et dernier jour du Carême) et le Dimanche des Rameaux, jour de fête qui ouvre une période distincte, la Semaine Sainte, qui précède directement les Pâques. 

Thèmes du Triode 

Le principal est celui du Paradis perdu en Adam et retrouvé dans l’Église, dans la personne du Christ, le Nouvel Adam. L’expérience du jeûne répond ainsi à la « gourmandise » des premiers parents. Mais les prières sont orientées vers la Croix et la Résurrection : «Souviens-Toi de moi, Seigneur, quand Tu entreras dans ton Royaume!» – cette demande du Bon Larron revient comme un refrain. Au milieu des quarante jours, on vénère la Croix, le nouvel Arbre de vie. Chaque samedi, on prie pour que le Paradis soit accordé aux fidèles défunts. Chaque dimanche on célèbre avec joie la Résurrection, Pâque déjà accomplie et à laquelle on tend à communier. L’ensemble du temps du Triode est une célébration de la Pâque, un grand « passage » de la mort à la vie. La grande promesse est de voir Dieu par le saint Esprit. 

Le style 

L’hymnographie byzantine puise sa richesse théologique à l’Écriture sainte et à la tradition des saints Pères. Les poètes du Triode sont des théologiens mystiques parlant du mystère pascal par expérience ; ils méditent continuellement la Bible : André de Crète, dans un immense «canon», aide le chrétien à s’identifier avec les figures des pécheurs repentants et des justes rencontrées dans la Genèse et dans l’Exode, et à tendre son effort intérieur vers la réactualisation du Paradis et l’entrée dans le Royaume. 

Les saints 

Leur présence est continuellement attestée par les beaux poèmes liturgiques. Avec saint André, on trouve saint Grégoire de Thessalonique, témoin de la lumière incréée qui illumine celui qui rompt avec ses péchés ; saint Jean Climaque, modèle de conquête méthodique de «l'impassibilité» ou absence de passion ; sainte Marie l’Égyptienne, exemple d’un changement total dans le comportement par amour pour le Christ ; on vénère surtout Notre Dame par le chant fréquent du grand acathiste qui lui est consacré. Elle est en effet l’exemple d’un usage de la liberté proposé à tout baptisé : elle s’est gardée de tout péché ; et devant l’horrible mort de son Fils et son Dieu, elle n’a pas douté qu’Il serait fidèle et qu’Il serait le champion de la vie éternelle

 

 


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