77, avenue de La Libération - Poitiers

Doyenné du Val de Loire - Poitou

 

 

 

 

Apocalypse de Saint Jean le Théologien.

Chapitre 12

 

 

CHANGEMENT D'HORAIRE POUR LES FÊTES DE LA NATIVITE

VIGILES SUIVIES DE LA DIVINE LITURGIE DE SAINT BASILE LE GRAND A 20 HEURES

AGAPES

 

 

 

 

 Dimanche 17 décembre

28° dimanche après la Pentecôte

13° après la Croix

 

 

Liturgie à 10h30

Vigiles le 16 à 18h.

Dimanche des Ancêtres

Saint Daniel, prophète et les trois adolescents: Ananias, Azarias et Misaël.

Saint Denis, évêque d'Egine, thaumaturge

 

 

 

Homélie, prononcée par le Père Jean Meyendorff à la Crypte en 1981

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ce dimanche est le dimanche des Ancêtres du Christ. Avec le dimanche qui suit ce sont les deux dimanches de préparation et de célébration, aux cours desquels l’Église nous appelle à réfléchir et à nous préparer à la fête de la Nativité. Les thèmes qui sont proposés à notre méditation en ces jours nous permettent de comprendre mieux le sens de notre participation, en tant que chrétiens, à l’histoire et nous expliquent la manière dont Dieu agit dans l’histoire et dans la société.

C’est un mystère plein de confusion pour beaucoup de gens aujourd’hui. Est-il possible que, dans ce monde qui ignore Dieu si totalement, où ceux qui croient en Dieu – et les chrétiens particulièrement – sont si peu nombreux, est-il possible que Dieu agisse vraiment encore ? Ne l’a-t-Il pas oublié ? Beaucoup de gens pensent que, au mieux Il l’a oublié, ou même peut-être qu’Il n’existe plus.

Quand elle nous présente cette image des ancêtres du Christ, l’Église nous fait voir tous ces hommes et femmes qui ont été ses ancêtres selon la chair, mais aussi tous les autres qui ont participé à la vie du peuple hébreu, qui ont été choisis dans le désert avec Abraham, qui ont été, sans le savoir la plupart du temps, les acteurs d’une suite d’événements qui a rendu possible l’Incarnation. Quand on pense à tout cela, on découvre que ce mystère de l’action de Dieu dans l’histoire a été tout aussi mystérieux autrefois qu’il l’est aujourd’hui. Il est mystérieux tout d’abord par le fait même que ces acteurs étaient des gens obscurs que personne ne connaissait, sauf Dieu. Toute cette action, toute cette histoire de l’Ancien Testament se passait dans un coin pratiquement inconnu du monde d’alors. Néanmoins la Parole de Dieu nous révèle que c’est dans ces lieux obscurs, et par l’intermédiaire de cette suite d’hommes et de femmes dont Dieu a reconnu la justice, et qui ont recherché Dieu, que le salut du monde a néanmoins été préparé.

Si nous regardons la situation de l’Église à la lumière du Nouveau Testament, c’est l’image qui nous est présentée dans l’Évangile de ce jour et qui nous révèle le sens du mystère du Nouveau comme de l’Ancien Testament : Dieu agit dans un mystère. Car enfin les chrétiens dans le monde, représentent un petit secteur très obscur et très insignifiant de l’humanité aujourd’hui. Et quand nous pensons à nous autres orthodoxes, nous sommes encore plus obscurs, encore plus inutiles en quelque sorte, encore plus cachés. Et néanmoins, notre foi chrétienne nous oblige à reconnaître que Dieu agit d’une façon mystérieuse de nouveau dans cette obscurité. Il agit évidemment pour la préparation de Sa seconde venue, car elle aussi doit être préparée. L’Ancien Testament nous révèle que ce ne sera pas simplement un moment choisi par Dieu, mais aussi un moment préparé. Le nombre de croyants s’accumulera ; la foi chrétienne sera la foi du Christ dans l’univers. Il y aura des événements qui prépareront cet événement de la deuxième venue. Et nous participons à ce mystère. Pas nous tout seuls  ! Car dans l’Ancien Testament il y avait aussi des gens obscurs qui ne le savaient pas et qui y participaient quand même. Il y a des gens aujourd’hui, que nous ne connaissons pas, qui ne sont pas nécessairement membres de l’Église orthodoxe, qui ne sont probablement même pas des membres conscients du peuple de Dieu, et qui néanmoins agissent dans ce mystère. Et c’est notre devoir de chrétiens de reconnaître ce qu’ils font de bien. Tout cela c’est la préparation de la seconde venue.

Mais nous qui avons été appelés à participer à ce festin du Christ, dont l’Évangile d’aujourd’hui nous parle, nous avons une responsabilité particulière, parce que le mystère nous a été révélé. Pourquoi Dieu nous a-t-il choisis pour nous révéler le mystère ? Nous ne l’avons certainement pas mérité, mais néanmoins nous avons été invités consciemment ; nous avons donc reçu cette connaissance, ce pouvoir de discernement des actions de Dieu dans l’histoire et par conséquent notre responsabilité est, en quelque sorte, première.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui on voit comment on peut refuser cette responsabilité. On peut la refuser simplement en rejetant consciemment la volonté de Dieu qui nous concerne. Ce rejet conscient est vraiment ce qu’on appelle le péché. Le rejet conscient ce sont ces excuses que ces invités ont présentées au Christ, ce sont vraiment nos péchés que nous connaissons tous et que nous devons donc aussi discerner et combattre pour participer à ce Festin auquel dans le mystère, nous participons ce matin aussi.

Nous avons là deux attitudes à éviter. L’une est l’attitude pharisaïque, le péché le plus horrible qui est de penser que l’invitation qui nous a été adressée et que nous avons acceptée, nous donne un droit, une justice qui nous appartient en propre et que, par conséquent, nous savons tout mieux que les autres et que, à part nous, personne ne participe à ce mystère de la préparation de la venue du Christ. Cette attitude pharisaïque est probablement la plus dangereuse. Mais l’autre, celle de l’indifférent, celle de toutes ces excuses que ces invités ont présentées, cette négligence avec laquelle tous nous rejetons en fait, dans la vie séculière que nous menons tous les jours, cette participation consciente au mystère, là c’est l’autre péché que nous devons combattre également.

Par conséquent, quelle que soit notre faiblesse, quelle que soit notre ignorance, quelle que soit notre inaptitude à la mission pour laquelle nous avons été choisis, l’Évangile d’aujourd’hui, et des dimanches qui nous préparent à la grande fête de la Nativité, nous appellent à un peu plus de conscience, à un peu moins de jugement à l’égard des autres, et plus de jugement à l’égard de nous-mêmes. Et à condition que nous acceptions ce jugement, à condition que nous prononcions ce jugement sur nous-mêmes, nous pouvons aussi éviter que la seconde venue du Christ, la Parousie, ne soit pour nous un jugement, une condamnation, afin de la rendre avènement du Royaume de Dieu. En effet, dans le mystère, l’avènement du Royaume est aujourd’hui préparé et, par la grâce de Dieu, il nous a été révélé dans le Baptême, dans les sacrements et dans la Parole de Dieu que nous recevons dans l’Église de Dieu.

Amen.

Père Jean Meyendorff

 


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