Dimanche 21 janvier 2018

Dimanche de Zachée

33° dimanche après Pentecôte

19° après la Croix

SAINT MAXIME LE CONFESSEUR

(580-662)

 

 

Agapes

 

Vigiles le 20 janvier à 18h

Liturgie le 21 janvier à 10h30 précédée des heures

le dimanche de Zachée marque le début du pré Carême – de la justice à la sainteté…
1.
Zachée signifie le juste, idéal biblique, condition du baptême (le Carême est
un temps de catéchuménat), porte du Carême. Dans l’Ancien Testament, c’est le
type humain de référence : « l’homme juste agit selon le droit et l’équité »
(Ez 18, 5), « la bouche du juste dit la sagesse » (Ps 36, 30), « le juste prend
connaissance de la cause des pauvres » (Pr 29, 7), d’innombrables passages
l’exaltent. Dans la Nouvelle Alliance, l’Eglise de Jésus Christ, c’est le saint
qui est le type de référence. En ce jour, le Christ Dieu rencontre le meilleur
de la tradition juive pour le sanctifier.
2.
Pourtant Zachée est un « pécheur » du point de vue juif, parce qu’il est un
publicain, collaborateur avec l’occupant. Le sens du Carême est notamment que
Dieu vient habiter chez le pécheur comme chez le juste, puisque Zachée
représente l’un et l’autre ! Dieu ne relativise pas le bien et le mal : mais Il
est Lui-même la norme vivante et personnelle du salut. C’est le dialogue avec
lui qui est la Voie.
3.
Une des valeurs du Carême c’est l’aumône : c’est le premier stade de notre
ascèse, partager équitablement avec autrui et réparer généreusement nos torts.
Ceci semble conditionner une démarche plus spirituelle, car l’hypocrisie et le
pharisaïsme nous guettent (cf. dimanche prochain) !
4.
En un sens plus mystique, l’histoire véridique de ce jour signifie l’habitation
du Seigneur par son Nom : faisons l’expérience pendant ce Carême d’invoquer
continuellement le Nom de Jésus, car nous savons qu’Il veut « habiter chez nous
», « sauver notre maison », faire de chacun de nous « un fils d’Abraham », et «
sauver ce qui est perdu ». « Ma vie est fichue », disait quelqu’un récemment :
laisse venir dans la maison de ton cœur Jésus en son Nom ; laisse-le sauver ta
vie ratée ; car Il la sanctifiera par sa présence. Le Nom de Jésus irradie les
énergies divines, il sanctifie celui qui l’accueille et qui témoigne déjà d’une
vie juste, selon la synergie défendue par saint Maxime le Confesseur. Mettons
de l’ordre dans notre vie et ouvrons la porte : une façon éminente d’accueillir
le Seigneur est de communier à lui en son Corps et en son Sang précieux ! « Qui
mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et Je demeure en lui » (Jn 6,
56). Par la justice, le pécheur s’ouvre à la communion !

(père Marc-Antoine Costa de Beauregard)

 

SEMAINE POUR L'UNITE DES CHRETIENS

HOMELIE DE PAPE BENOIT XVI

SAINT MAXIME LE CONFESSEUR

Chers Frères et Sœurs,

Je voudrais vous présenter aujourd’hui la grande figure de l’un des Pères de l’Église d’Orient de l’Antiquité tardive. Il s’agit d’un moine, saint Maxime, qui obtint le titre de « Confesseur » cher à la tradition chrétienne, pour le courage intrépide avec lequel il sut témoigner - confesser - aussi à travers la souffrance, de l’intégrité de sa foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, Sauveur du monde.

Maxime naquit en Palestine, la terre du Seigneur, aux alentours de 580. Encore enfant, il fut orienté vers la vie monastique et l’étude des Écritures, y compris à travers les œuvres d’Origène, le grand maître qui déjà au IIIe siècle était arrivé à ’fixer’ la tradition exégétique d’Alexandrie.

De Jérusalem, Maxime se rendit à Constantinople d’où, devant les invasions barbares, il se réfugia en Afrique. Il s’y distingua par le courage extrême avec lequel il défendit l’orthodoxie. Maxime n’acceptait aucune réduction de l’humanité du Christ. Une théorie était née selon laquelle dans le Christ il n’y avait qu’une volonté, la volonté divine. Pour défendre l’unicité de sa personne, on niait en lui une véritable volonté humaine qui lui fût propre. Et, à première vue, cela pouvait sembler une bonne chose qu’il en fût ainsi, que dans le Christ il n’ait qu’une seule volonté. Mais saint Maxime comprit immédiatement que cela réduirait à néant le mystère du salut, parce qu’une humanité sans volonté, un homme sans volonté, n’est pas véritablement un homme, c’est un homme amputé. Donc l’homme Jésus-Christ n’aurait pas été véritablement un homme, il n’aurait pas vécu le drame de l’être humain, qui consiste justement dans la difficulté de conformer notre volonté avec la vérité de l’être. Et ainsi saint Maxime affirme avec grande détermination : la Sainte Écriture ne nous montre pas un homme amputé, sans volonté, mais un homme complet ; Dieu en Jésus-Christ a réellement assumé la totalité de l’être humain, à l’exception évidente du péché, et donc également une volonté humaine. Les choses dites ainsi paraissent claires : ou bien le Christ est homme ou bien il ne l’est pas. S’il est homme, il a naturellement une volonté humaine. Mais surgit alors le problème : n’aboutit-on pas ainsi à une sorte de dualisme ? N’en arrive-t-on pas à reconnaître deux personnalités complètes : raison, volonté, sentiment ? Comment surmonter le dualisme, conserver la totalité de l’être humain et cependant affirmer l’unité de la personne du Christ qui n’était pas schizophrène ? Et saint Maxime démontre que l’homme trouve son unité, l’intégration de lui-même, sa totalité, non pas en s’enfermant sur lui-même, mais en se dépassant, en sortant de de lui-même. Ainsi, de même dans le Christ, sortant de soi-même, c’est en Dieu, dans le Fils de Dieu, que l’humanité se trouve elle-même. Il n’est nullement besoin d’amputer l’homme pour expliquer l’Incarnation : il suffit seulement de comprendre le dynamisme de l’être humain qui ne se réalise qu’en sortant de soi ; ce n’est qu’en Dieu que nous nous trouvons nous-mêmes, que nous nous trouvons en totalité et en plénitude. On voit bien que ce n’est pas celui qui se renferme sur lui-même qui est un homme complet, mais c’est l’homme qui s’ouvre et qui sort de lui-même, qui devient complet et trouve lui-même sa véritable humanité précisément dans le Fils de Dieu. Pour saint Maxime, une telle vision ne s’arrête pas au stade de la spéculation philosophique ; il en voit la réalisation dans la vie concrète de Jésus, avant tout dans le drame de Gethsémani.

Dans ce drame de l’agonie de Jésus, de l’angoisse de la mort, de l’opposition entre la volonté humaine de ne pas mourir et la volonté divine qui s’offre à la mort, dans ce drame de Gethsémani, se réalise tout le drame humain, le drame de notre rédemption. Saint Maxime nous dit, et nous savons bien que cela est exact : Adam, et Adam c’est nous, pensait que le non fût le point culminant de la liberté. Il n’y aurait que celui qui est capable de dire ’non’ qui serait réellement libre ; pour réaliser réellement sa liberté, l’homme doit dire non à Dieu ; de la sorte seulement pense-t-il être finalement lui-même, être arrivé au summum de la liberté. Cette tendance, la nature humaine du Christ la portait aussi en elle, mais Jésus l’a surmontée parce qu’il voyait que ce n’est pas le non qui est le maximum de la liberté. Le maximum de la liberté c’est le oui, la conformité avec la volonté de Dieu. L’homme ne devient réellement lui-même que dans le oui : ce n’est que dans la grande ouverture du oui, dans l’unification de sa volonté avec la volonté divine que l’homme s’ouvre immensément, qu’il devient « divin ». Être comme Dieu, voilà ce que désirait Adam, c’est-à-dire, être complètement libre. Mais il n’est pas divin, il n’est pas complètement libre l’homme qui se referme sur lui-même ; il l’est en sortant de lui-même, c’est dans le oui qu’il devient libre ; c’est là que se situe le drame de Gethsémani : non pas ma volonté, mais la tienne. C’est en transférant la volonté humaine dans la volonté divine que naît l’homme véritable et que nous sommes rachetés.

Mutilé et condamné à l’exil

Tel est, exprimé brièvement, le point central de ce que voulait dire saint Maxime, et là nous constatons que tout l’être humain est en question ; là se situe toute la question de notre vie. Saint Maxime avait déjà des problèmes en Afrique quand il défendait cette vision de l’homme et de Dieu ; il fut ensuite appelé à Rome. En 649, il prit une part active au Concile du Latran, convoqué par le Pape Martin Ier pour la défense des deux volontés dans le Christ contre l’édit de l’empereur qui, pro bono pacis, interdisait de discuter de cette question. Le Pape Martin eut à payer chèrement son courage : bien que de santé défaillante, il fut arrêté et traduit en justice à Constantinople. Soumis à procès, il fut condamné à mort mais obtint que sa condamnation soit commuée en une peine d’exil à perpétuité, en Crimée, où il mourut le 16 septembre 655, après deux longues années d’humiliations et de tourments.

Peu de temps après, en 662, vint le tour de Maxime qui, lui aussi s’opposant à l’empereur, continuait à répéter : « Il est impossible d’affirmer une seule volonté dans le Christ ! ». Si bien que, avec deux de ses disciples, qui se nommaient Anastase tous les deux, Maxime fut soumis à un procès exténuant, alors qu’il avait dépassé les 80 ans. Le tribunal impérial le condamna, sous l’accusation d’hérésie, à la cruelle mutilation de la langue et de la main droite, les deux organes avec lesquels, par la parole et par l’écrit, Maxime avait combattu la doctrine erronée d’une unique volonté dans le Christ. Pour finir, le saint moine ainsi mutilé fut exilé en Colchide [Géorgie actuelle], sur la mer Noire, où il allait mourir, épuisé par les souffrances imposées, à l’âge de 82 ans, le 13 août de la même année 662.

Parlant de la vie de Maxime, nous avons fait allusion à son œuvre littéraire en défense de l’orthodoxie. Je faisais référence particulièrement à la Dispute avec Pyrrhos, ancien patriarche de Constantinople, par laquelle il réussit à persuader l’adversaire de ses erreurs. Avec grande honnêteté, en effet, Pyrrhos concluait ainsi la Dispute : « Je demande pardon pour moi et pour ceux qui m’ont précédé : par ignorance, nous sommes arrivés à ces pensées et ces argumentations absurdes ; je prie pour que l’on trouve le moyen d’effacer ces absurdités, sauvegardant la mémoire de ceux qui se sont trompés ». Nous sont aussi parvenues quelques dizaines d’œuvres importantes, parmi lesquelles se détache la Mystagogie, un des écrits les plus significatifs de saint Maxime, où il rassemble en une synthèse bien structurée sa pensée théologique.

La pensée de saint Maxime n’est jamais une pensée uniquement théologique spéculative, repliée sur elle-même, parce qu’il a toujours comme point de départ la réalité concrète du monde et de son salut. Dans un tel contexte, où il eut à souffrir, il ne pouvait s’évader en des affirmations philosophiques purement théoriques ; il lui fallait rechercher le sens de la vie, se demandant : qui suis-je, qu’est-ce que le monde ? À l’homme, créé à son image et ressemblance, Dieu a confié la mission d’unifier le cosmos. Et tout comme le Christ a unifié en lui-même l’être humain, en l’homme le Créateur a unifié le cosmos. Il nous a montré comment unifier le cosmos dans la communion du Christ et ainsi accéder réellement à un monde racheté. Fait référence à cette puissante vision du salut l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, Hans Urs von Balthasar, qui, ’relançant’ la figure de Maxime, en définit la pensée par l’expression incisive de « Kosmische Liturgie », liturgie cosmique. Au centre de cette liturgie solennelle est toujours présent Jésus-Christ, unique sauveur du monde. L’efficacité de son action salvifique, qui a définitivement unifié le cosmos, est garantie par le fait que, tout en étant Dieu en tout, il est intégralement homme, y compris avec l’« énergie » et la volonté de l’homme.

Aucun compromis

La vie et la pensée de Maxime sont toujours puissamment illuminées par un immense courage dans le témoignage à la réalité intégrale du Christ, sans aucune réduction ni compromis. Apparaît ainsi ce qu’est véritablement l’homme, comment nous devons vivre pour répondre à notre vocation.

Nous devons vivre unis à Dieu pour être ainsi unis à nous-mêmes et au cosmos, donnant leur forme juste au cosmos lui-même et à l’humanité. Le oui universel du Christ nous montre également avec clarté comment donner leur juste place aux autres valeurs. Ici, nous pensons aux valeurs qui sont aujourd’hui défendues à juste titre, comme la tolérance, la liberté, le dialogue. Mais une tolérance qui ne saurait plus distinguer entre le bien et le mal deviendrait chaotique et autodestructrice. Tout comme une liberté qui, ne respectant pas la liberté d’autrui et ne trouvant pas le juste milieu entre les diverses libertés, deviendrait anarchique et détruirait l’autorité. Le dialogue qui ne sait plus sur quoi dialoguer devient un bavardage creux. Toutes ces valeurs sont belles et fondamentales, mais elles ne peuvent rester valeurs véritables que si elles ont un point de référence qui les unit et leur donne la véritable authenticité. Ce point de référence de la synthèse entre Dieu et le cosmos, c’est la figure du Christ dans laquelle nous apprenons la vérité de nous-mêmes et apprenons ainsi où situer les autres valeurs, parce que nous découvrons leur signification authentique. Jésus-Christ est le point de référence qui met en lumière toutes les autres valeurs. Ici est le point d’arrivée du témoignage de ce grand confesseur. Et c’est ainsi que, finalement, le Christ nous indique que le cosmos doit devenir liturgie, gloire de Dieu, et que l’adoration est le commencement de la vraie transformation du monde, de son vrai renouvellement.

 

C’est pourquoi je voudrais conclure par une citation fondamentale des œuvres de saint Maxime : « Nous adorons un seul Fils, en unité avec le Père et avec l’Esprit Saint, comme il en était dans les temps, et maintenant aussi, et pour tous les temps, et pour les temps après les temps. Amen ! 

PATRISTIQUE.ORG

SAINT HILAIRE

Né dans une noble et riche famille païenne d'Aquitaine, ce jeune homme était doué pour les études, mais la question du sens de la vie le tourmentait. Où se trouve le bonheur pour l'homme? A quoi sert d'exister si l'on doit mourir? Y a-t-il un dieu? Déçu dans ses lectures, il découvre un jour ce passage de la Bible "Je suis celui qui est" et s'enthousiasme. Mais la mort reste une idée insupportable. Il trouvera le plein rassasiement de sa faim spirituelle dans l'Évangile de saint Jean, l'évangile de l'Incarnation et de la Résurrection. A trente ans, il demande le baptême. Son envergure le désigne à l'attention des fidèles. Il est élu évêque de Poitiers, rencontre saint Athanase d'Alexandrie, alors en exil en Gaule à cause de l'hérésie arienne. Combattant à son tour cette hérésie, il est exilé en Phrygie (*) et découvre la théologie grecque. De retour en Gaule, il fera triompher à la fois l'orthodoxie et la paix religieuse. En accueillant saint Martin, pour fonder le monastère de Ligugé, il favorisa l'instauration du monachisme en Gaule. Dans son magistral "Traité sur la Trinité", il a le premier fait entrer, dans la langue latine, les subtilités et les délicatesse de la langue grecque. De tous les Pères Latins, il est celui dont la pensée est la plus proche des Pères Grecs.
(*) d'où est originaire Sainte Florence qu'il avait convertie et qui le suivit à son retour.

https://nominis.cef.fr/contenus/saint/421/Saint-Hilaire-de-Poitiers.html

SAINTE NINA

Nina, Ninon, Christine ou Chrétienne. 
Les Eglises d'Orient la fêtent aujourd'hui. L'Eglise en Occident en fait mémoire aujourd'hui également et la célèbre le 15 décembre. Nous connaissons sa vie par l'écrivain ecclésiastique Rufin qui donna quelques détails sur la conversion de l'Ibérie, région intérieure de l'actuelle Géorgie. Une jeune captive chrétienne, dont on ignore le pays d'origine, devenue esclave à la cour royale de Mzkhéta, non loin de Tbilissi, garde toute sa foi auprès du roi Mirian. Plus que sa grande beauté, c'est son inlassable charité qui la fait aimer et respecter. Ayant obtenu par ses prières la guérison d'un enfant, elle est appelée auprès de la reine Nana qui se meurt. Elle lui rend la santé. Quand le roi veut la récompenser, elle lui dit préférer sa conversion. Le roi en laisse d'abord le soin à sa femme. A quelque temps de là, il demandera à l'archevêque de Constantinople de lui envoyer un évêque pour évangéliser le royaume. 
Sainte Nino se retire dans la région de Bobdé où, dès le IVe siècle, fut construite une cathédrale. 
A Mzekhéta un petit oratoire rappelle aujourd'hui encore ce baptême de la Géorgie.

https://nominis.cef.fr/contenus/saint/260/Sainte-Nino.html


Saint Sava 1er de Serbie
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100156

 

Saint Sava, premier archevêque de Serbie, né Rostislav (Rastko), était le fils du roi serbe Étienne (Stéphane) Nemanya et d'Anne, fille de l'empereur Romanus de Constantinople. Dès ses plus jeunes années, il participa avec ferveur aux Offices à l'église, et avait un amour particulier pour les icônes.
A l'âge de 17 ans, Rostislav rencontra un moine du Mont Athos, quitta secrètement la maison paternelle et partit pour le monastère Saint-Panteleimon. Par divine Providence, en 1169, année de la naissance du saint, l'ancien monastère du grand martyr et médecin Panteleimon avait été donné aux moines Russes.
Sachant que son fils était sur l'Athos, son père mobilisa ses domestiques, dirigés par un fidèle voïvode, et écrivit un courrier au gouverneur dont dépendait le district de l'Athos, disant que si son fils ne lui était pas rendu, il y aurait une guerre contre les Grecs. Lorsqu'ils arrivèrent au monastère, le voïvode avait eu l'ordre de ne pas quitter Rostislav des yeux. Durant les offices du soir, alors que les soldats s'étaient endormis sous l'influence du vin, Rostislav reçut la tonsure monastique (en 1186), et renvoya à ses parents ses vêtements civils, ses cheveux et une lettre. Saint Sava chercha à persuader ses puissants parents d'accepter le monachisme. Le père du moine (Siméon, dans le monachisme, commémoré le 13 février) et son frère menèrent la vie d'ascètes au monastère Vatopedi. Sur l'Athos, ils fondèrent le monastère Serbe d'Hilandar, et ce monastère reçut son nom par permission impériale. Au monastère d'Hilandar, saint Sava fut ordonné au diaconat, puis prêtre. Sa mère Anne devint moniale sous le nom d'Anastasie (21 juin).
Du fait de sa sainte vie et de ses pieuses actions sur le Mont Athos, le moine fut fait archimandrite à Thessalonique. A Nicée, en 1219, en la Fête de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu, l'évêque et patriarche de Constantinople, Germain, consacra l'archimandrite Sava comme archevêque de Serbie. Le saint adressa une requête à l'empereur de Constantinople pour qu'il autorise à l'avenir les évêques Serbes à élire eux-mêmes leur propre archevêque. Ceci était un point particulièrement important en cette époque de guerres fréquentes entre les puissances orientales et occidentales.
Étant revenu de Nicée à la sainte Montagne de l'Athos, le saint y visita une dernière fois tous les monastères. Il se prosterna dans toutes les églises, et, se souvenant de toutes les bienheureuses vies des pères du désert, il fit ses adieux à tous les ascètes, avec beaucoup de regrets, "quittant la sainte Montagne comme s'il quittait le Paradis."
Attristé de sa séparation d'avec la sainte Montagne, le saint prit le chemin du départ en traînant. La très sainte Mère de Dieu lui parla dans un songe : "ayant mon patronage, pourquoi es-tu encore attristé?" Ces paroles le tirèrent de son abattement, changeant sa tristesse en joie. En souvenir de cette apparition, le saint commanda de grandes icônes du Sauveur et de la Mère de Dieu à Thessalonique, et les plaça dans une église.
En Serbie, l'activité du hiérarque pour l'organisation du travail de son Église natale s'accompagna de nombreux signes et miracles. Durant la Liturgie et la Vigile de toute la nuit, lorsque le saint vint encenser la tombe de son père, devenu le moine Siméon, les saintes reliques exhalèrent un parfum de myrrhe.
Étant chargé des négociations avec le roi Vladislav de Hongrie, qui avait déclaré la guerre à la Serbie, le saint évêque n'apporta pas seulement la paix désirée à son pays, mais il amena aussi le monarque Hongrois à l'Orthodoxie. C'est ainsi qu'il facilita le début de l'existence historique de l'Église autonome de Serbie; saint Sava contribua aussi à renforcer l'État serbe. Afin d'assurer l'indépendance de l'État serbe, l'archevêque Sava couronna son puissant frère Étienne (Stéphane) comme roi. A la mort de ce dernier, son fils aîné, Radislav, fut couronné roi, et saint Sava partit pour la Terre Sainte "afin de vénérer le saint tombeau du Christ et le terrible Golgotha."
A son retour dans son pays natal, le saint bénit Vladislav et le couronna roi. Pour renforcer plus encore le trône de Serbie, il le maria à la fille du prince Asan de Bulgarie. Le saint hiérarque visita les églises à travers toute la Serbie, il réforma les règles monastiques sur le modèle de l'Athos et de la Palestine, et établit et consacra nombre d'églises, renforçant les Orthodoxes dans leur Foi. Ayant achevé son travail dans son pays natal, le saint nomma le hiéromoine Arsène pour lui succéder, le consacra évêque, et donna sa bénédiction à tous.
Il partit ensuite pour un voyage sans retour "pour achever ses jours comme un vagabond en terre étrangère." Il passa par la Palestine, la Syrie, la Perse, Babylone, l'Égypte et l'Anatolie, visitant partout les saints lieux, discutant avec des grands ascètes, et rassemblant des reliques de saints. Puis il acheva ses pérégrinations à Trnovo, en Bulgarie, chez son parent Asan, où dans la joie spirituelle, il rendit son âme au Seigneur (+ 1237).
Lors du transfert des saintes reliques de saint Sava vers la Serbie, en 1237, il y eut tant de guérisons que les Bulgares se plaignirent d'Asan "parce qu'il avait laissé partir un tel trésor." Dans la patrie du saint, ses vénérables reliques furent placées dans l'église de Mileshevo, accordant la guérison à quiconque les approchait avec foi. Les habitants de Trnovo continuèrent à recevoir des guérisons par les restes du cercueil du saint, qu'Asan avait ordonné de récolter et de placer dans un sarcophage nouvellement construit.
L'héritage de saint Sava est vivant dans les traditions de l'Église Orthodoxe dans les nations Slaves. On l'associe avec l'introduction du Typikon de Jérusalem comme base pour les Règles monastiques slaves. Le monastère serbe d'Hilandar sur le Mont Athos applique encore de nos jours le Typikon de saint Sava. Les éditions du "Gouvernail" de saint Sava ("Pedalion," une collection de Canons ecclésiaux), avec des commentaires d'Alexis Aristines, sont très largement répandues dans l'Église de Russie. En 1270, la première copie du "Gouvernail" de saint Sava fut envoyée de Bulgarie au métropolite Cyril de Kiev. Sur base de celle-là fut réalisée une des plus anciennes copies russe du "Gouvernail", c'est le "Gouvernail" de Ryazan, de 1284. Cette copie manuscrite sera la source d'une première copie imprimée, publiée en 1653, et depuis lors bien des fois réimprimée par l'Église de Russie. Tel est le leg de saint Sava au trésor canonique de l'Orthodoxie.

DESSINS DES PERSONNAGES DE LA CRÈCHE RÉALISÉS PAR LES ENFANTS DE LA PAROISSE
DESSINS DES PERSONNAGES DE LA CRÈCHE RÉALISÉS PAR LES ENFANTS DE LA PAROISSE

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