Synaxaire

 

Ce jour, nous faisons mémoire de la seconde et sévère Parousie de notre Seigneur Jésus Christ.

 

Lorsque tu descendras, ô Juge universel, et jugeras toute la terre, juge-moi digne aussi d'entendre cet appel:
«Venez, les bénis de mon Père.»

 

Cette mémoire, les très-saints Pères l'ont placée après les deux paraboles, afin qu'après avoir appris par elles l'amour de Dieu envers les hommes, nul ne vive dans l'insouciance en se disant: Dieu est l'ami des hommes et, du moment que je me tiens éloigné du péché, je suis prêt à l'achèvement total. C'est donc ici qu'ils ont placé la mémoire de ce jour redoutable, afin que par la la contemplation de la mort et l'attente des châtiments à venir, ceux qui sont disposés à l'insouciance, éprouvant de la crainte, reviennent à la vertu, sans compter sur le seul Ami des hommes, mais considérant aussi que le Juge est juste et qu'il rendra à chacun selon ses œuvres. D'ailleurs, les âmes s'étant avancées, il fallait bien que vînt aussi le Juge. D'une certaine manière, la présente fête prend place maintenant comme le terme de toutes, puisque ce sera aussi la dernière de tous nos semblables. Il faut en effet considérer qu'on place au dimanche suivant le commencement du monde et la chute d'Adam hors du Paradis. La présente fête marque la fin de tous les jours et la fin du monde. On l'a placée au dimanche de l'Apokréo, pour contenir la gourmandise et la voracité grâce à l'effroi que procure cette fête et pour nous appeler à la compassion envers le prochain. D'ailleurs. puisque c'est après avoir mangé que nous avons été chassés de l'Eden et que nous avons encouru jugement et malédiction, pour cette raison la présente fête trouve place ici, et aussi parce que nous devons, le dimanche suivant, qui commémore Adam, être symboliquement chassés de l'Eden. jusqu'à ce que le Christ, en revenant, nous ramène au Paradis. La seconde Parousie. cela signifie qu'une première fois il est venu jusqu'à nous, mais simplement et sans gloire; tandis que maintenant c'est avec des merveilles surnaturelles et une gloire éclatante qu'il vient depuis le ciel et avec son corps, afin que tous sachent bien que c'est le même qui est venu la première fois et qui a sauvé le genre humain et qui doit à présent le juger, pour voir s'il a bien gardé ce qu'il lui avait donné. Quand arrivera cette Parousie, personne ne le sait; car le Seigneur l'a caché même à ses Apôtres. D'ici lâ, certains signes auront dû se manifester, que quelques Saints ont exposés assez largement. On dit qu'il devra s'écouler sept mille ans. Mais avant sa Parousie viendra l'Antéchrist, et il naîtra (au dire de saint Hippolyte de Rome) d'une femme souillée, mais prétendue vierge, appartenant au peuple hébreu, à la tribu de Dan, fils de Jacob; il ira çà et là, imitant le Christ par sa vie: il fera des miracles, ceux que le Christ a faits, et il ressuscitera les morts. Mais tout cela, il le fera de façon imaginaire, qu'il s'agisse de la naissance, de la chair et du reste, comme dit l'Apôtre (2 Thess 2, 9): alors, dit-il, le fils de la perdition se manifestera «par toute espèce d'œuvres de puissance, de signes et de prodiges mensongers». Et ce n'est pas que le Diable lui-même se transmuera en chair, comme le dit Jean Damascène, mais un homme, né de la prostitution, recevra tout le pouvoir de Satan et surgira soudainement, au point de sembler à tous bon et bienveillant. Il y aura alors une grande famine, et il subviendra aux besoins des gens; il continuera les saintes Ecritures et pratiquera le jeûne, sera pris de force par les hommes et proclamé roi, il entretiendra d'excellentes relations avec les hébreux, se fera établir à Jérusalem et reconstruira leur temple. Avant sept ans, comme dit Daniel, viendront Enoch et Elie, avisant le peuple de ne pas l'accueillir; mais il les fera prendre et torturer, puis il leur coupera la tête. Ceux qui voudront persévérer dans la piété devront fuir au loin; mais il les trouvera dans les montagnes et leur enverra des démons pour les éprouver. Cependant, les sept années «seront abrégées, à cause des élus», et il Y aura une grande famine; l'ensemble des éléments sera changé et tous, ils risqueront de disparaître.

 

Après cela, soudaine comme un éclair venu du ciel, ce sera la Parousie du Seigneur, précédée par sa vénérable Croix, et un fleuve de feu bouillonnant s' avancera devant lui, purifiant de ses souillures toute la terre. Aussitôt l'Antéchrist sera pris, avec ses suppôts, et ils seront livrés au feu éternel. Tandis que les Anges sonneront de la trompette, on se rassemblera des confins de la terre et de tous les éléments, tout le genre humain affluera à Jérusalem, puisque c'est le centre du monde, et des trônes y seront installés pour le jugement, Tous, avec corps et âmes, se transmueront en rejoignant l'incorruptibilité, chacun ayant son aspect unique, et tous les éléments accuseront un changement vers le mieux. Alors, d'une seule parole, le Seigneur séparera les justes des pécheurs, et ceux qui auront fait le bien iront jouir de la vie éternelle. De leur côté, les pécheurs iront vers l'éternel châtiment, et ils n'auront plus de répit. Il faut savoir que le Christ ne s'enquerra pas sur le jeûne, le dénuement ou les miracles: certes, ces choses-là sont bonnes. mais il y a encore mieux, à savoir la charité et la compassion. Car aux justes comme aux pécheurs il dira six choses: «J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger. J'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire. J'étais étranger, et vous m'avez accueilli. J'étais nu, et vous m'avez vêtu. J'étais malade, et vous m'avez visité. J'étais prisonnier, et vous êtes venus me voir. Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères. c'est à moi que vous l'avez fait»

 

Et cela, chacun doit le faire selon ses possibilités. Alors, "toute langue proclamera, de Jésus Christ, qu'il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Ph
2,11). Quant aux châtiments que nous révèle le saint Evangile, les voici: dl
 y aura des pleurs et des grincements de dents, le ver qui ronge sans fin, le feu qui jamais ne s'éteint» et l'on sera «jeté dans les ténèbres extérieures». Mais l'Eglise de Dieu recevra tout de façon radieuse, et par royaume des cieux on entend les délices, le séjour des saints avec Dieu, l'illumination et l'élévation perpétuelles. Le châtiment, ce sont les ténèbres ou ce qui leur ressemble: la séparation d'avec Dieu, le harcèlement de la conscience demandant aux âmes comment elles ont pu, par insouciance ou pour une jouissance éphémère, se priver de la divine illumination.

Accueil de saint Maurille à Angers par l'évêque d'Angers son prédécesseur (détail). Cathédrale Saint-Maurice d'Angers.
Accueil de saint Maurille à Angers par l'évêque d'Angers son prédécesseur (détail). Cathédrale Saint-Maurice d'Angers.

En France, la fête la Nativité de Marie porta longtemps le titre de Notre-Dame Angevine, rappelant que la Vierge Marie, apparut, en 430, près de Saint-Florent, au saint évêque Maurille d’Angers pour lui demander l’institution de la fête de sa Nativité . Avec le concours efficace du roi Robert le Pieux, Fulbert, évêque de Chartres (+1028) contribua beaucoup à introduire la fête de la Nativité de la sainte Vierge dans le nord du Royaume ; la nuit même de cette fête, sa cathédrale ayant été détruite par un incendie, il jeta les fondements de celle que nous connaissons aujourd’hui, dédiée à la Nativité de Notre-Dame.

Homélie prononcée par le père Jean Breck, le 29 octobre 2000, à la Crypte

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, Amen.

Chers amis, cet Évangile que nous venons d'entendre, cet Évangile qui nous invite à aimer nos ennemis, nous invite en même temps à entrer, à pénétrer, dans tout le mystère de la miséricorde divine. C'est un mystère qui comporte un appel "Aimez vos ennemis" dit Jésus, "Soyez miséricordieux, comme votre Père Céleste est miséricordieux". À travers l'ensemble de l'Ancien Testament, cette notion de la miséricorde de Dieu est exprimée par le terme de "hessed", ce mot signifie la fidélité absolue de Dieu à l'égard de l'Alliance qu'Il a établie avec Son peuple, Son peuple élu, Son peuple bien aimé. Alliance, commençant avec Abraham, passant par Moïse, renouvelée toujours par l'appel des prophètes. Alliance qui implique un engagement total des deux cotés.

Mais Israël se dresse encore et toujours contre cette alliance. Dans un esprit de refus, de révolte, refusant d'obéir à la loi de Dieu, refusant d'accepter la grâce et la miséricorde que Dieu cherche toujours à verser dans les cœurs, Israël tombe finalement dans l'idolâtrie et, en fin de compte, s'érige contre Dieu, en ennemi de Dieu.Dieu, bien sûr, porte jugement sur les comportements du peuple d'Israël, mais ce jugement est toujours profondément fondé sur l'amour, sur le désir de le faire revenir, changer d'avis, changer d'orientation, vers la repentance afin qu'il puisse être béni du pardon de Dieu. Revenir, c'est ça, le but c'est qu'Israël revienne. Et afin que ce retour soit achevé, petit à petit, Dieu révèle le fait que cette première alliance n'est qu'une promesse, une préparation à une autre alliance, bien plus importante, bien plus profonde, bien plus intime que le Père établit avec Son peuple dans la personne de Son Fils bien aimé. Et ainsi, le Fils éternel de Dieu entre dans ce monde, prend chair dans le sein de la Vierge Marie, mène Sa vie d'enfant et d'adulte, entame

Son enseignement, fait des guérisons, et achève, accomplit cette alliance nouvelle de la façon la plus sublime, la plus suprême, par Son sacrifice sur la croix. Israël, toujours comme métaphore de l'humanité tout entière, y compris de vous et de moi, Israël, de nouveau se dresse en ennemi devant Dieu et le rejette. Et malgré cela, les profondeurs de l'amour de Dieu s'expriment par le cri poussé par le Christ du haut de la croix et du fond de Son angoisse : "Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font." Israël s'érige en ennemi de Dieu. Mais il faut savoir que Dieu n'a pas d'ennemi. L'ennemi, c'est celui que nous percevons comme tel. D'une certaine façon, nous créons nos propres ennemis. L'ennemi, c'est celui qui me blesse, celui qui me met en cause, celui qui inspire chez moi une certaine jalousie, une certaine hostilité. Et cette hostilité est toujours enracinée dans la peur. Dieu n'est pas un Dieu de peur. Et Il nous appelle à dépasser cette peur afin d'aimer l'ennemi, afin d'assumer cette miséricorde profonde qui vient de Lui, pour embrasser celui qui aurait pu être notre ennemi et pour que la réconciliation soit de nouveau établie. Il est certes facile de dire tout cela, d'autant que notre plus grande tristesse, notre plus grande tragédie, c'est que l'ennemi que nous percevons comme tel est très souvent la personne que nous aimons le plus, celle ou celui avec lequel nous sommes le plus liés par une amitié et un amour vrai. Ce peut être un conjoint, un enfant, un parent, un frère, une sœur, ce peut être quelqu'un que nous côtoyons, un collègue de travail, un ami, mais il s'agit toujours d'une personne qui a pénétré dans notre espace, qui nous a blessé et a, par conséquent, suscité en nous cette réaction de rejet, comme Israël a rejeté le Dieu qui l'aime.

Et la question bien sûr, est toujours de savoir ce qu'il faut faire. Il s'agit d'une question profondément spirituelle qui touche non seulement notre vie familiale, mais aussi, bien sûr, ici, le milieu de la communauté paroissiale. Toutes les relations de notre vie peuvent tourner mal à cause d'une parole mal placée, à cause d'une jalousie provoquée, à cause d'une sorte de haine qui au milieu de notre vie d'amour, surgit. Alors quelque chose en nous est entièrement tordu, jeté dans le noir, et de nouveau, nous sommes en face de l'ennemi, même s'il s'agit de a personne que nous aimons.

Dieu n'a pas d'ennemi. Et pourquoi ? Tout simplement parce que Dieu a toujours la capacité de regarder au-delà du péché, au-delà de notre révolte, au-delà de notre laideur, afin de scruter les profondeurs de notre cœur. Dieu jette son regard dans notre cœur comme dans un miroir, et là, dans le silence de ce cœur intime, Il perçoit toute la beauté de Sa propre Face, de Son propre Visage. Et Il nous appelle à en faire autant.

Premièrement donc, il faut qu'il y ait chez nous une prise de conscience quasi continuelle, pour savoir qui est mon ennemi. Souvent nous vivons en couple, l'un avec l'autre, et, oui, ça va bien, il n'y a pas trop de mal, pas trop de peine, mais parfois il n'y a aucune communion, aucune communication entre conjoints. À la place, nous avons érigé un mur d'auto défense sur la base de tristes expériences passées. Et au fur et à mesure, pendant les années que nous passons ensemble, ce mur d'auto défense crée une rupture, crée des jalousies, et finalement crée des craintes. En face de ces craintes, notre réaction est de construire un nouveau mur d'hostilité qui nous sépare de l'autre, qui nous empêche d'embrasser l'autre et d'entrer avec lui dans une communion réelle. Voilà où nous en sommes. D'abord, la prise de conscience : quelle est mon attitude vis-à-vis de mon époux ou de mon épouse, vis-à-vis de mes enfants, de ceux qui m'entourent ? Où en est la miséricorde de Dieu dans tout cela ?

Mais une fois la prise de conscience faite, Il faut savoir qu'il y a un autre pas à franchir, un pas qui est peut-être le plus important et le plus difficile. Dans sa première épître, l'évangéliste saint Jean nous dit : "L'amour parfait bannit la crainte". Mais en moi, il n'y a pas cet amour parfait, alors que ferais-je ?

Une chose toute simple, tellement simple que cela nous paraît affreusement difficile : c'est de faire ce que le Christ fait toujours au cours de Sa mission terrestre, c'est de nous jeter à genoux devant Dieu et d'implorer que notre cœur de pierre soit transformé en un cœur de chair. C'est demander à Dieu qu'Il verse dans le fond notre cœur, par la grâce et la puissance de Son Esprit, cet amour qui vient de Lui, cet amour fidèle de l'alliance éternelle qui nous pénètre et qui à un niveau très profond de notre existence, transforme l'essentiel.

Aimer notre ennemi passe donc d'abord, par la prise de conscience d'où nous en sommes par rapport à l'autre, mais aussi par cette supplication adressée quotidiennement à Dieu pour implorer que notre amour soit le Sien, car tout ce que nous pouvons manifester comme miséricorde vient de Lui.

Et c'est dans cette optique-là, faisant cette expérience-là d'humilité et de simplicité devant Dieu, demandant cet amour jusque dans le fond de notre cœur, que nous pouvons arriver à une constatation : cette autre personne qui aurait pu être mon ennemi est, en réalité, digne d'un amour infini, cette personne est digne de toute ma compassion, cette personne est digne d'une miséricorde totalement gratuite et sans limite.

Amen.

 

Père Jean Breck

 

 

 

 

Saint Ignace Briantchaninov (1807-1867), était évêque du Caucase et de la Mer Noire de l’Église orthodoxe russe.

 

La plupart des hommes croient être des vrais chrétiens tout en ignorant le christianisme, qu’ils confondent avec les théories philosophiques mondiales. Les hommes veulent un christ qui leur parle de cette vie temporelle et non de la vie éternelle. Ils désirent un christ qui leur offre les biens de cette vie ici-bas et non de celle de l’au-delà, qu’il soit un chef de cette vie terrestre et non le Chef de la Vie future. Par cela même, les hommes se précipitent pour recevoir l’Antichrist – tout comme les juifs au temps du Christ et à toute époque depuis lors.
Les juifs ont attendu le Messie pendant des siècles, et lorsqu’il vint ils ne Le reçurent pas, mais le crucifièrent. Pourquoi ? Parce que le Christ n’était pas tel qu’ils s’attendaient à Le voir. C’est pourquoi ils ne reconnurent pas le Messie en sa personne. Ils attendaient un roi terrestre, un conquérant du monde qui puisse soumettre au peuple d’Israël tous les peuples de l’univers, en donnant de la force et de la gloire à ses adeptes.
Cependant en Le voyant pauvre et humble, doux et plein de paix céleste, en voyant qu’Il leur offrait des biens célestes au lieu de biens terrestres, ils comprirent qu’il ne leur convenait pas. Il n’était pas le Messie qu’ils attendaient, mais juste son contraire. C’est pourquoi ils Le crucifièrent et se mirent à attendre un autre « Messie », qu’ils continuent toujours à attendre et qu’ils accueilleront enfin en la personne de l’Antichrist qui est à venir.
Et avec les juifs des millions d’hommes qui se prétendent chrétiens, attendent un messie sans se douter que ce sera le même messie qui est attendu par les juifs. Et en effet, le messie juif viendra et donnera aux juifs tous les biens matériels qu’ils attendaient du Christ. Ce « messie » les frappera par ses miracles et ses prodiges, qui effrayeront les hommes jusqu’au bout de la terre et qui tout en rampant viendront tomber à ses pieds. Il réunira en un seul État mondial tout les peuples de la terre; ce qui remplira de joie le cœur des scribes et des pharisiens. Il sera non le Christ, mais l’Antichrist.
L’Antichrist n’apparaîtra pas dans l’histoire humaine d’une manière foudroyante, il n’aura pas un aspect repoussant, car il pratiquera une morale toute humaine. Il viendra après une préparation séculaire qui a commencé depuis le début de l’Église – par le « mystère de l’iniquité » (II Thessaloniciens, 2 : 7) – et qui continue sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Une lente apostasie qui sera bientôt consommée, opérant par « le mystère de l’iniquité » (II Thessaloniciens, 2 : 3-7), a préparé l’humanité à recevoir l’Antichrist qu’elle attend comme son chef idéal. Dans la personne de l’Antichrist, l’humanité verra son plus grand « bienfaiteur ».
 Personne ne peut dire quand et comment viendra l’Antichrist. Ce qui est certain que tous ces mouvements d’infractions des états et des « églises », tous ces compromis, toute cette uniformisation de l’humanité sous la pression de la culture technique ouvrent le chemin à l’Antichrist. Une pareille évolution de l’humanité peut être excellente selon le critère mondain. Cependant selon le critère chrétien une telle évolution n’est qu’une dégringolade vers la catastrophe.

La mort de ce monde arrivera [lorsqu’il sera] au sommet de sa « gloire », au sommet de la tour de Babel, au sommet de l’orgueil humain, lorsque l’homme se trouvera au zénith de son ambition orgueilleuse et voudra se diviniser par ses propres forces sans tenir compte de Dieu. Et lorsque le Christ reviendra, Il trouvera l’homme dans toute la « gloire » de son insanité luciférienne. Ce qui est plus tragique que le mal se présentera aux yeux des hommes comme un bien.
La condamnation que l’homme s’attirera lui-même ne sera pas seulement une catastrophe physique et matérielle – que redoutent tant les hommes. La mort du corps sera pour l’humanité un mal bien moindre que celui qui doit venir – et qui sera incroyablement plus cruel et plus inhumain. Ce sera le chef-d’œuvre de la fantaisie diabolique, la plus grande raillerie qui aie jamais existé. La catastrophe vers laquelle se dirige l’humanité aura l’apparence de sa plus grande « réussite ». Ce sera le sommet de la tour de Babel. Le point culminant de la vanité humaine. Le couronnement de l’orgueil humain !
Tout ceci n’effraye pas le chrétien qui sait d’avance que le monde se condamne par lui-même (Tite, 3 : 11). C’est pourquoi le Christ ne prie pas pour le monde, qui gît dans le mal (I S. Jean, 5 : 19), mais pour ceux qui Lui ont été donnés (S. Jean, 17 : 9). Aussi Dieu n’exige-t-il pas du chrétien de sauver le monde – qui est un bateau en naufrage à cause de sa structure pourrie. Ce que Dieu demande aux chrétiens c’est le « sauve qui peut » des naufragés. L’Église orthodoxe du Christ, telle une Arche de Noé, vogue tout près des naufragés et tous ceux qui veulent se sauver doivent s’y réfugier.
D’ailleurs, toute la vie en Christ n’est qu’un « exode » de ce monde, de cette Égypte des passions pour se réfugier dans l’Arche de l’Église. Toutefois au temps de l’Antichrist l’Arche de l’Église pourra difficilement être distinguée. Ce qu’on reconnaîtra officiellement comme « Église » aura par degré trahi le Trésor de la Foi et rappellera une bouillie unifiée, qui à l’aide de la ruse luciférienne possédera certaines apparences de l’Église. Et seuls des petits groupes épars de fidèles (avec une partie minime du clergé) auront conservé vivante la vraie Tradition.
Qui donc pourra reconnaître l’Église du Christ dans ces petits groupes de vrais croyants orthodoxes méprisés et privés de tout éclat extérieur. Cependant c’est juste ces petites paroisses éparses et sans coordination, mais liés entre elles par des liens mystiques du Corps et du Sang du Seigneur, dans le Saint-Esprit, dans la seule Foi et la Tradition inaltérée – c’est justement elles qui représenteront vers la fin du monde l’Église orthodoxe, une, sainte, catholique apostolique.
En ce temps-là même les élus risqueront de s’égarer. Il faudra une grande hardiesse pour qu’un homme ose adhérer à cette minorité de vrais croyants au risque d’être moqués par les « intelligents » et les forts de ce monde. Il faudra une grande sagesse pour distinguer la Vérité, là où tout le monde ne verra que de la naïveté et de la bizarrerie idiote.
Combien d’entre les hommes pourront alors trouver leur chemin, lorsque tous les phares indiqueront de fausses voies? Alors, celui qui persévéra jusqu’à la fin – celui-là sera sauvé (S. Matthieu, 10 : 22)

 

Saint Ignace Briantchannov traduit du russe par Lydia Ouspensky.

  

Le 1er octobre, nous célèbrerons saint Rémi évêque de Reims.

en 437, d’une famille gallo-romaine, patricienne, riche et cultivée, il reçoit une formation de fin lettré, mais se retire pour vivre en solitaire, or bien que n’ayant que vingt-deux ans seulement, en 459, on vient le chercher car il a été élu évêque par le clergé et les fidèles de l’Eglise de Reims. 

Dans cette Gaule romanisée, mais où l’empire romain s’écroule de toute part, l’évêque est non seulement un chef spirituel mais aussi un gouverneur civil, jouissant d’un grand prestige et d’un grand pouvoir dans son diocèse. Les historiens s’accordent pour affirmer que Remi exerce auprès du roi Clovis une influence persuasive énorme, dès son avènement, par des lettres, par des visites, par Clotilde, l’épouse chrétienne de Clovis qu’il conseille. Aussi lorsque Clovis décide de se convertir au Christ, c’est à Reims que le baptême a lieu et c’est saint Rémi qui le baptise, entouré par de nombreux évêques des Gaules. 

Saint Remi déclara alors : « Retire humblement tes colliers, (c’est-à-dire tes amulettes, tes faux dieux), fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. » Hors cette célèbre déclaration, il ne nous reste que quatre lettres de saint Rémi, mais elles nous donnent la substantifique moelle de la personnalité et de l’enseignement de celui-ci. Deux lettres au roi Clovis et deux lettres à des confrères évêques.

Dans la première il dit notamment au roi : « Ta bonté doit s’exercer de manière intègre et honnête. Que la justice sorte de ta bouche sans rien attendre des pauvres et des étrangers. ». En d’autres mots, il lui dit de ne pas chercher à faire plaisir pour t’attacher les gens, mais d’agir dans l’exact rapport de la justice et de la miséricorde ! Il lui dit aussi : « Rends courage, relève les affligés, nourris les orphelins… que ton prétoire soit ouvert à tous afin que personne ne s’en retourne triste. Tu possèdes certaines richesses paternelles avec lesquelles tu libéreras les prisonniers et tu délieras du joug de la servitude. » 

Dans la seconde lettre, saint Remi console le roi qui vient de perdre sa sœur : « Repousse de ton cœur la tristesse, réconforte tes membres grâce à un cœur joyeux. Sois toi-même le consolateur de ton âme en maintenant en toi la providence innée qui se trouve en elle, afin que la tristesse n’étouffe point la clarté en ton esprit. Quant à sa mort présente, comme nous devons le croire, le roi (c’est-à-dire Dieu) s’en réjouit dans le ciel. » 

Dans deux lettres qu’il envoie à des confrères évêques, nous retrouvons aussi le même équilibre de justice et de miséricorde. Dans l’une il défend les droits de son diocèse face à un jeune confrère ambitieux et peu respectueux du droit, et dans l’autre il appelle à la miséricorde les évêques de Paris, Sens et Auxerre, pour un homme qu’il a ordonné prêtre et qui a chuté, gravement, jusqu’au sacrilège. D’emblée il leur dit : « l’amour ne passe jamais » puis reprenant les paroles de son maître : « Je ne veux pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. ». Il les engage à ne pas négliger cette volonté du Seigneur et à s’en tenir, non point à la colère, mais au soin des hommes.

Saint Remi mourra à quatre-vingt-seize ans, le 13 janvier 533. Si vous le pouvez, passez donc par Reims et arrêtez-vous, pas à la cathédrale, mais à la basilique saint Remi, où sont ses reliques, il y est très présent comme il l’était autrefois et adressez-lui vos prières. Il vous entendra et il vous guidera.  

 

1 Octobre: FETE DE SAINT ROMAiN LE MELODE

 

St Romain le Mélode était originaire de Syrie et était sacristain de l’église SainteSophie de Constantinople. Peu lettré, il ne participait pas au chant liturgique lors de l’office. Une fois, lors de l’octave de la Nativité du Christ, alors que l’empereur était présent, les clercs l’obligèrent à monter sur l’ambon et à chanter. Cela peina profondément saint Romain, et il pleura longuement à l’issue de l’office, priant ardemment devant l’icône de la Mère de Dieu. La nuit même, Celle-ci lui apparut en vison et lui donna un parchemin, qu’elle lui ordonna de manger, ce qu’il fit. A son réveil, le saint ressentit en son cœur une joie spirituelle, et une illumination inhabituelle de son esprit. Venant à l’église, il monta sur l’ambon et chanta d’une voix douce le chant qu’il avait composé : « En ce jour la Vierge enfante Celui qui est transcendant », chant qui devint par la suite le kondakion de la Nativité du Christ. Tous furent en admiration devant la sagesse du sacristain illettré. St Romain devint diacre et s’endormit dans le Seigneur à la fin du Vème siècle, nous ayant laissé de nombreux offices. Des canons de S. Romain ont été traduits en français et édités dans la Collection « Sources et autres parties de l’office liturgique composé par lui. Les hymnes Chrétiennes » (Éd. du Cerf). St Jean de Changhaï († 1966) avait promulgué un décret selon lequel le jour de S. Romain le mélode était fixée la fête des chantres du diocèse d’Europe Occidentale. A la fin de la Liturgie, on devait leur chanter « ad multos annos ».

Hymne de la Présentation au Temple

Romanos le Mélode

Prooïmion 1

Que le chœur des anges s'émerveille de ce miracle,
et nous, mortels, chantons haut et fort une hymne 109
en voyant l'ineffable condescendance de Dieu,

lui que craignent les puissances des cieux,

lui qui est porté dans les bras d'un vieillard,

lui, le seul ami de l'homme.

 

Prooïrnion 2

Toi qui pour nouarevêtu une nature charnellreçud'une vierge
toi qufuporté, enfantdanles bras d'un vieillard,

élève la corne 110 de nos fidèles empereurs III.

Affermis-ledans ta puissance, ô Verbe,

faiépanouir leur règne pieux,

toile seul ami de l' homme.

Prooïrnion 3

Toi qui asanctifié le sein de la Vierge par ton enfantement
toi qui as béni les mains de Syméon, comme cela était juste, 
toi qui t
'es hâté de nousauverô Christ notre Dieu, 
apporte la paix à notre pay
en guerre

 

 

et la force à nos dirigeants 112 que tu aimes
toile seul ami de l'homme