AU SUJET DES LITURGIES ORTHODOXES

DE LA LITURGIE

 

 

Je vais aborder dans les lignes suivantes un certain nombre de questions concernant la liturgie. Il ne s’agît pas d’une présentation systématique, mais plus de répondre à des questionnements souvent formulés par les fidèles, et ainsi de pouvoir contempler avec le cœur et l’intelligence ce qui est la tâche de l’Eglise sur terre, qui est de célébrer l’eucharistie.

Je cite ici les propos de l’EvêqueKallistos de Dioklëia :

« Avant de se demander Comment construire l'Église locale, il faut se poser la question, fondamentale elle aussi: Pourquoi l'Église? Quelle est la fonction distinctive et unique de l'Église? Qu'est-ce que l'Église fait, que rien ni personne d'autre ne peut faire? La réponse tout à fait claire à cette question, que la théologie orthodoxe a donnée au xxe siècle, est celle-ci: la tâche de l'Église sur terre est précisément de célébrer l'eucharistie. Comme saint Ignace d'Antioche l'a proclamé, l'Église est un organisme Eucharistique, qui se réalise et s'accomplit dans le temps et dans l'espace par l'oblation de la sainte liturgie. C'est l'eucharistie qui fait l'Église et, vice versa, c'est l'Église qui fait l'eucharistie. L'unité de l'Église n'est pas imposée de l'extérieur par le pouvoir de juridiction, mais elle se crée de l'intérieur par la communion dans le corps et le sang du Sauveur glorifié. Dans les paroles de saint Paul: « La coupe de bénédiction sur laquelle nous prononçons la bénédiction n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons n'est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu'il n'y a qu'un pain, à nous tous nous ne formons qu'un corps, car tous nous avons part à ce pain unique». Entre la communion au pain eucharistique - un seul pain, unique - et notre communion ecclésiale dans l'unique Corps du Christ, il n'y a, pour l'apôtre, pas seulement une analogie, mais une connexion causale: comme nous participons à un seul pain, donc, comme résultat, nous sommes constitués en un seul Corps du Christ. Telle est l'ecclésiologie du père Georges Florovsky, du père Nicolas Afanassieff et du métropolite de Pergame Jean (Zizioulas). » 

 

 

St. Jean Chrysostome

St Basile le Grand

Prières initiales au bas de l’autel ;

Vêture du clergé

Demande du pardon

Préparation des Saints Dons : PROSCOMEDIE

LITURGIE DES CATECHUMENES

Grand encensement

Prière d’ouverture : ROI CELESTE, BENI SOIT LE ROYAUME

Grande Litanie de Paix

TROIS ANTIENNES ou ANTIPHONES :

  1. Psaume 102 et petite litanie
  2. 2. Psaume 145 et Fils Unique et petite litanie
  3. Béatitudes

Entrée avec l’Evangile ou ISIDOS

HYMNES DU JOUR : Tropaires et Kondakia

Prière du Trisagion

HYMNE du TRISAGION

       Bénédiction du Trône élevé

Prokimenon

Lecture du jour : Epître

Alleluia et encensement

Prière avant l’Evangile

Evangile

Homélie

Litanie instante pour toute l’Eglise

        En semaine, litanie des défunts

Prière pour les catéchumènes

LITURGIE DES FIDELES

Deux prières pour les fidèles

Hymne des Chérubins (cherubikon)  et Grande Entrée

Litanie de demande et prière de l’offrande

Baiser de paix

CREDO

CANON EUCHARISTIQUE

ANAMNESE

Dialogue d’introduction

Prière de l’Oblation

Sanctus

Sainte Cène

Elévation

EPICLESE

Litanie de communion

NOTRE PERE

Elévation, Fraction du pain, Zéon

Prière de communion

Communion du clergé

Communion des fidèles

Prière d’action de grâce

Prière de l’ambon

Bénédiction finale


 Origine des liturgies

Il s’agît ici d’un bref aperçu d’une question complexe. Le point essentiel est que ces liturgies, développées à l’ère patristique, sont le développement de la Cène. Dés le récit évangélique, on constate des différences dans la présentation de la Cène, mais ont pour point commun de se situer dans la vigile pascale juive, reliant ainsi le christianisme à toute l’histoire de l’Ancienne Alliance. Notons aussi que les synoptiques utilisent le calendrier des pharisiens et du peuple, alors que Jean emploie le calendrier des sadducéens, observé par les prêtres.

A titre indicatif, voici le déroulement de la liturgie domestique pascale juive (Seder Haggadah sel Pesah).

- lavement des mains ; celui qui préside verse de l’eau dans les coupes de vin et prononce la bénédiction ; tous les convives boivent ;

- on apporte l’agneau rôti, les pains azymes (mazzot), les herbes amères, une compote (haroseth) et du vinaigre ;

- anamnèse : celui qui préside prononce la grande haggada pascale qui explique le sens de la fête ; les convives répondent par le petit hallel (Psaumes 112 et 113A) et on remplit à nouveau les coupes de vin, puis on se lave les mains ;

- vient l’agape proprement dite ou l’on consomme les mets et on allume un cierge ;

- à la fin du repas, on prépare et béni une troisième coupe avec une série de bénédictions (les berakhot) : les éléments de ces actions de grâce se retrouvent dans toutes les prières eucharistiques chrétiennes ;

- enfin, on boit la troisième coupe, puis on continue le hallel (Psaumes 113B et 117), on boit une quatrième coupe (mais pas toujours) et on chante le grand hallel (Psaume 135).

 

Les Liturgies

Nous reviendrons sur les origines des liturgies chrétiennes. Les sources sont la Didaché et les Constitutions Apostoliques dues à Saint Hyppolite de Rome. Il y eu beaucoup de variantes des liturgies locales grecques, dont les plus connues sont celles de l’apôtre Saint Jacques de Jérusalem, de Saint Marc l’Evangéliste, de Saint Grégoire de Naziance et de Saint Basile le Grand dans sa version alexandrine.

Liturgie de Saint Jean Chrysostome

Bien qu’elle soit la plus connue aujourd’hui, on sait peu de choses sur son origine. Elle s’imposera comme liturgie principale au XI siècle sous l’influence de Constantinople.  Les liturgies orientales sont de trois types principaux : alexandrin, syro-antiochien, syro-oriental. On sait que Constantinople entretenait des liens étroits avec Antioche. Saint Jean Chrysostome lui-même fût diacre et prêtre de l’Eglise d’Antioche.

On a prétendu que le texte de Chrysostome serait une abréviation de celui de Basile, qui lui est antérieur. Or certaines prières chez Chrysostome sont plus longues que chez Basile, les épiclèses sont différentes ainsi que la structure liturgique et la théologie sous-tendue n’est pas la même.

 

Nous n’entrerons pas plus dans le détail. Le texte dit de Chrysostome concerne uniquement le Canon eucharistique, lequel est pratiquement le même que celui du Canon (Anaphore) des Douze Apôtres de la liturgie syriaque. On peut ainsi penser que St Jean Chrysostome coutumier à Antioche de cette anaphore, l’a importée à Constantinople. Pour les autres parties de cette liturgie, la proscomédie développée, l’Hymne « Fils unique », les antiphones, le Trisagion, Le Cherubikon, le Credo, le Zéon, la prière de l’ambon et le congé ont été introduits après l’époque de St Jean Chrysostome. Quant à la prière de l’offrande elle vient de la liturgie de Saint Marc et la prière de l’entrée de celle de l’Apôtre Jacques.

 

La Liturgie de Saint Basile le Grand

 

Rappelons à nouveau que lorsque l’on parle de la Liturgie de Saint Basile (ou un autre), on signifie essentiellement que la rédaction de l’anaphore (le canon eucharistique) a été rédigé par Saint Basile (ou un autre). On sait qu’à l’origine, la liturgie Byzantine provient de Cappadoce. Une étude au XX siècle a porté sur les manuscrits d’anaphores portant le nom de Saint Basile et a permis de distinguer deux sources : l’alexandrine et la cappadocienne-byzantine. L’alexandrine contient une brève doxologie adressée au Père, le Sanctus, le dogme de l’Incarnation, l’anamnèse, l’épiclèse et la prière d’intercession. Les autres variantes vont être plus développées. On pense donc que Saint Basile a suivi un canevas  d’un texte ancien de Cappadoce, et a rédigé une version beaucoup plus développée, et qu’il est également l’auteur de la prière de la proscomédie (préparation), de la prière avant le Notre Père, de la prière « Inclinons la tête » avant la communion et de celle qui précède l’élévation « les Saints Dons aux Saints ».

Deux prières pour les fidèles, avant la Grande Entrée

Le canon 19 du Concile de Laodicé (364) précise qu’après l’homélie de l’évêque, il faut faire des prières pour les catéchumènes, puis après leur sortie, des prières pour les pénitents qui viennent recevoir bénédiction de l’évêque avant de sortir, et enfin trois prières pour les fidèles : la première en silence et les deux autres à haute voix. Puis les fidèles se donnaient le témoignage de la paix.

Dans la pratique ancienne, le clergé entrait dans le Sanctuaire après la liturgie de la parole, ce que laisse clairement entendre le début de la première prière : « Nous Te rendons grâce, Seigneur Dieu des Puissances, de nous avoir jugés dignes de nous tenir en ce moment encore devant ton saint autel… »

De nos jours, les prières pour les fidèles sont surtout des prières du prêtre pour le clergé. Dans les temps apostoliques, dés la sortie des catéchumènes, on prononçait à genoux une longue prière dont on retrouve la trace le soir de Pentecôte lorsque le temps de se tenir debout est terminé. En effet, le canon 20 du concile de Nicée, affirmé par le canon 90 du concile in Trullo précise que l’on ne s’agenouille pas le dimanche et le temps pascal. Mais il faut préciser que la première partie de la liturgie était célébrée en dehors du Sanctuaire jusqu’au renvoie des catéchumènes. La forme actuelle de ces prières est donc tardive et marque une certaine division entre le clergé et les fidèles, le clergé priant pour lui-même et « pour le discernement spirituel » des autres. Ces prières ont donc un caractère pénitentiel, et il faut mentionner ici le passage « implorant ta miséricorde pour nos péchés et les inadvertances de ton peuple ». La différence d’appréciation est importante : les transgressions aux commandements divins sont des péchés pour les prêtres et des inadvertances pour les fidèles. En effet, les prêtres sont chargés de la pastorale d’une part, et d’autre part pénètrent dans le Sanctuaire, ce qui les rend responsables de beaucoup de choses. Les fidèles, eux, doivent être instruits, mais aussi réceptifs, ce qui atténue leur responsabilité.

Un autre point doit être souligné : la Préparation des dons se faisait à ce moment là et précédait immédiatement la Grande Entrée, ce qui explique aussi le sens des prières actuelles.

 

Nous donnons le texte de ces prières dans la liturgie de St Jean Chrysostome, de Saint Basile et des Saints Dons Présanctifiés, ces dernières ayant conservé le sens originel.

Première prière pour les fidèles

Saint Jean Chrysostome

Nous te rendons grâce, Seigneur, Dieu des Puissances, de nous avoir jugé dignes de nous tenir en ce moment encore devant ton saint autel et de nous prosterner en implorant ta miséricorde pour nos péchés et les ignorances de ton peuple. Accepte, ô Dieu notre prière. Rends-nous digne de T'offrir nos prières, nos supplications et nos sacrifices non sanglants pour tout ton peuple. Accorde-nous la force, à nous que Tu as établis pour ce ministère, de t'invoquer en tout temps et en tout lieu, dans la puissance de Ton Saint-Esprit, sans encourir ni condamnation, ni reproche, avec une conscience pure, afin qu'exauçant nos prières, Tu nous sois miséricordieux dans la plénitude de ta bonté, car à toi appartiennent toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Saint Basile le Grand

C'est Toi, Seigneur, qui nous as révélé le grand mystère du salut; c'est Toi qui nous as jugés dignes, nous Tes humbles et indignes serviteurs, d’être les ministres de Ton saint Autel: Toi donc, rends-nous capables, par la Force de Ton Saint Esprit, de remplir ce Service, afin que, nous tenant, sans encourir de condamnation, en face de Ta Sainte Gloire, nous T'offrions un sacrifice de louanges, car c'est Toi qui opères tout en tous. accorde-nous, Seigneur, que notre oblation pour nos péchés et les ignorances du peuple Te soit acceptable et Te plaise, car c'est à Toi n'appartiennent toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

Saints Dons présanctifiés

Dieu grand et digne de toute louange, toi qui, par la mort vivifiante de ton Christ, nous as fait passer de la corruption à l'incorruption, libère tous nos sens des passions qui mènent à la mort et donne-leur pour guide la sagesse ; que l'œil s'abstienne de tout regard mauvais, que l'oreille soit inaccessible aux propos vains, que la langue soit purifiée de toute parole inconvenante. Rends pures nos lèvres qui te louent, Seigneur. Fais que nos mains s'abstiennent de toute œuvre perverse et n'accomplissent que les œuvres qui te plaisent. Et affermis, Seigneur, par ta grâce, nos membres et notre intelligence. Car à toi conviennent toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

 Deuxième prière pour les fidèles

Saint Jean Chrysostome

De nouveau, avec instance, nous nous prosternons devant Toi et nous Te prions, Toi qui es bon et ami des hommes, de considérer notre supplique, de purifier nos âmes et nos corps de toute souillure de la chair et de l'esprit. Et fais que nous nous tenions devant ton saint autel sans encourir ni reproche, ni condamnation. Accorde, ô Dieu, à ceux qui prient avec nous de progresser dans la vie, la foi, le discernement spirituel; donne-leur de Te servir toujours irréprochablement avec crainte et amour, de participer sans encourir de condamnation à Tes saints Mystères et d'être jugés dignes de Ton Royaume céleste, afin que, gardes en tout temps par ta puissance, nous te rendions gloire, Père, Fils Et Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

 Saint Basile le Grand

0 Dieu, Toi qui regardes avec miséricorde et pitié notre humilité, Toi qui nous as établis devant Ta Sainte Gloire, nous, Tes humbles, et indignes serviteurs, pour le service de Ton saint   Autel, fortifie-nous pour cet Office, par la puissance de   Ton Saint Esprit, et donne-nous, lorsque notre bouche s’ouvrira, inspire nous les mots qui conviennent pour invoquer la Grâce de Ton Saint Esprit sur les Dons qui vont T'être offerts, afin que gardés en tout temps par Ta puissance, nous Te rendions gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

 Saints Dons présanctifiés

Maître saint et infiniment bon, toi qui es riche en miséricorde, nous te supplions : aie pitié de nous, pécheurs, et rends-nous dignes de recevoir ton Fils unique, notre Dieu, le Roi de gloire. Car voici que son Corps très pur et son Sang vivifiant vont, à cet instant, faire leur entrée pour être déposés sur cette table sainte, invisiblement escortés par la multitude des armées célestes. Accorde-nous d'y communier sans encourir de condamnation

afin que, les yeux de notre intelligence étant illuminés par eux, nous devenions fils de la lumière et du jour. Selon le don de ton Christ, avec lequel Tu es béni, ainsi que ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.


La Grande Entrée

Dans la pratique actuelle, la Grande Entrée se compose du chant du Cherubikon, de la prière dite par le prêtre, de l’encensement et du transfert des oblats.

Ce transfert se faisait initialement dans un profond silence comme le note Théodore de Mopsueste. Le cherubikon fut introduit dans le liturgie au VI siècle (patriarche Jean III le scholastique).

L’hymne du Cherubikon varie selon la fâte : « A Ta Cène mystique » le jeudi Saint dans la Liturgie de Saint Basile, et « Que toute chaire fasse silence » le samedi Saint, et enfin « Maintenant les puissances célestes » dans la liturgie des Présanctifiés.

« Nous qui dans ce mystère représentons les chérubins et chantons l’hymne trois saintes à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de ce monde, afin de recevoir le Roi de toutes choses invisiblement escorté par les armées des anges, Alleluia, alleluia, alleluia »

On trouve le mot « soucis » qui nous renvoie aux paroles du Christ à Marthe (« Marthe, Marthe, tu t’inquiète pour beaucoup de choses » et à la notion de service, lequel est rempli par les diacres (service des tables).

La seconde partie fait référence au triomphe terrestre que recevait le nouvel empereur élu, lequel était transporté sur un bouclier posé sur des lances. Ici, le Christ repose sur le diskos (patène) comme sur un bouclier. Cependant, que chantait-on avant l’introduction du cherubikon ? Le patriarche Eutychius de Constantinople (552-563) évoque une hymne psalmique et « le Roi de Gloire ». Seul le psaume 23, 7-10 mentionne à cinq reprises le Roi de Gloire. Aux vigiles pascales dans le rite grec, on reprend ce psaume avant l’entrée dans l’église.

Pendant le chant, le prêtre récite la prière « Nul n’est digne… », adressée au Christ pour lui-même. Elle est probablement d’origine monastique et fait référence à la piété privée. Elle ne figure pas dans tous les manuscrits. Notons que dans le rite pontifical, l’évêque se lave les mains à hauteur des portes royales (allusion au rituel juif du lavement des mains au repas). L’encensement des dons se fait aujourd’hui pendant que le célébrant récite la prière. Mais d’autres codex indiquent que l’encensement se fait pendant la procession.

Il faut ici mentionner l’évolution liturgique et architecturale. Dans l’architecture byzantine, le banc semi circulaire du clergé (synthronon) occupait toute l’abside, l’ambon au milieu de l’église et la prothésis, une pièce à part située à proximité de l’église. Ainsi, la grande entrée , célébrée par le diacre, consistait au transfert des dons depuis cette pièce en remontant toute la nef. L’évêque recevait les dons sur l’autel. Aujourd’hui, le synthronon est réduit au trône de l’évêque, l’ambon devant l’iconostase et disparition de la pièce réservée à la prothèse en un autel situé à gauche de l’autel principal dans l’abside. De nos jours, la procession se fait tout autour de l’église (côté gauche puis nef centrale) chez les grecs, et seulement sur l’ambon chez les slaves.

On voit ainsi l’évolution de ce rite qui, au début, était lié au fait que les dons étaient déposés à l’entrée de l’église après le renvoi des catéchumènes, puis apportés en procession dans l’abside ou avait lieu la préparation. Avec la disparition progressive de la distinction entre office des catéchumènes et liturgie des fidèles, le peuple apporte les dons plus tôt, ce qui déplace la préparation comme actuellement.

Un autre point important réside dans le sens de ce rite. Il fut d’abord l’image des funérailles du Christ, le diacre portant un grand voile sur lequel figure la mise au tombeau. Ce voile deviendra l’antimension, d’une part, et l’épitaphion d’autre part. Il s’agit en fait d’un cortège funèbre, renforcé par la présence des éventails ou rhipides. L’idée selon laquelle la grande entrée est une mise en scène de l’entrée du Christ à Jérusalem est récente et très réductrice de son sens profond.

Citons pour conclure un passage d’une homélie de l’évêque syrien Nersaï (502-503) :

 

« C’est pour souffrir qu’Il s’avance sur la patène et dans le calice, avec les diacres ; le pain sur la patène et le vin dans le calice sont un symbole de Sa mort. Les diacres apportent en leurs mains le symbole de Sa mort, et en le posant sur l’autel, et en le recouvrant du voile , ils symbolisent Sa sépulture. »

       - Nous qui, dans ce mystère, représentons les chérubins et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

 

 

Prière du Prêtre

 

Aucun de ceux qui sont liés par les désirs et les passions charnelles n'est digne de venir à Toi, de T'approcher et de Te rendre ce culte, ô Roi de Gloire, car Te servir est grand et redoutable, même aux Puissances célestes. Cependant, dans Ton ineffable et incommensurable amour pour l'homme, Tu T'es fait homme sans changement ni altération, et Tu es devenu notre grand Prêtre; et, Maître de toutes choses, Tu nous as confié l'accomplissement sacré de ce sacrifice liturgique et non sanglant. Seul, Seigneur notre Dieu, Tu règnes sur le ciel et la terre, porté sur un trône de Chérubin, Seigneur des Séraphins, Roi d'Israël, seul Tu es Saint et repose dans le sanctuaire. Je te supplie donc, Toi qui seul est bon et bienveillant, baisse ton regard sur le pêcheur et l'indigne serviteur que je suis, purifies mon âme et mon cœur de toute pensée mauvaise et donne-moi la force, par la puissance de Ton Saint-Esprit, de me tenir revêtu de la grâce du sacerdoce devant la sainte table que voici, et de consacrer Ton Corps saint et sans tache et Ton Sang précieux. Je viens à toi la tête courbée et te prie, ne détourne pas de moi Ta face, et ne me rejette pas du nombre de tes enfants, mais rends-moi digne, tout pêcheur et indigne serviteur que je suis, de T'offrir ces dons. Car c'est Toi qui offres et qui es offert, Toi qui reçois et qui es distribué, Ô Christ notre Dieu; et nous Te rendons gloire, avec ton Père éternel et ton Esprit Très Saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.


 

 

 

 

 

 

 

La préparation des oblats

 

La proscomédie est un rite qui représente la mort de l’Agneau. Elle se situait d’abord au début de la liturgie des fidèles, puis fut transportée avant la liturgie vers les VIII-IX siècles. Il s’agissait à l’origine de placer sur le disque le pain et verser dans le calice l’eau et le vin, sans aucune prière. Ceci se faisait par le diacre en certains endroits. Cette forme a évolué peu à peu. Saint Germain de Constantinople fait état dess dons apportés par les fidèles, accompagnés de prières. Puis on parle du retrait e l’Agneau de la prosphore (XII siècle) et les parcelles commémoratives  sont également retirées de la prosphore un peu après. Chez les slaves, il y a plusieurs prosphores (cinq : une pour l’Agneau, puis la Mère de Dieu, les parcelles commémoratives, les viants et les défunts ; une seule chez les grecs). Le rite actuel a pris sa forme définitive au XIV siècle. Alors que sont lues les heures de tierce et sexte (Concile des Cents Chapitres de Moscou, 1551) chez les Slaves et les Matines chez les Byzantins, le prêtre et le diacre procèdent à la Préparation.

On commence par la cérémonie de préparation de l’Agneau, en traçant le signe de la Croix par trois fois sur la prosphore principale (« En mémoire de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ »). On découpe ensuite l’Agneau, de forme cubique, en récitant le texte d’Isaïe (53,7-8)

L’Agneau ainsi extrait est posé (« Il a été élevé de la terre ») retourné sur le disque. Le prêtre le découpe (sans le séparer) en forme de croix (« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »). Puis il le pose à l’endroit et perce avec la lance la côté droit de l’Agneau (donc gauche pour le célébrant) en disant : « l’un des soldats lui perça le côté avec sa lance et il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage et son témoignage est vérité.  Jean 19, 34-35 ». Suite à ces paroles, le diacre présente l’eau et le vin au prêtre qui les bénit de différente manière selon les Traditions, par exemple : « En mémoire de l’économie salvatrice de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ » chez les arméniens, ou cette prière chez les salves pour la liturgie de Saint Basile Le Grand :

« Seigneur notre Dieu, ami des hommes, jette Ton regard sur ce vin et bénis-le, comme Tu as béni le puits de Jacob et la piscine de Siloé et le calice de Tes Saints Apôtres ; venu à Cana de Galilée, Tu as changé l’eau en vin et Tu as manifesté Ta gloire ; envoie Ta grâce sur ce vin et bénis-le par To SaintEsprit, car béni et glorifié est Ton Nom très pur et magnifique, Père, Fils et Saint-Esprit,… »

La proportion d’eau et de vin est très variable selon les époques et les lieux : elle est en proportion égale dans certains cas (chez les Syro-Jacobites), ou encore ¾  d’eau pour ¼ de vin chez les grecs. Puis il y eut une évolution surtout en Occident avec 1/3 d’eau pour 2/3 de vin. Enfin, avec le XIII siècle et le Moyen-Âge, sous l’influence franciscaine, le sang représentant la divinité et l’eau l’humanité du Christ, avec l’esprit pénitentiel de cette époque, on recommande d’utiliser un minimum d’eau.

Vient ensuite le prélèvement des parcelles. Dans un premier temps, il n’y avait que le pain principal d’où l’Agneau était extrait. Avec l’accroissement du nombre de prosphores (apportées par les fidèles), on prélève des parcelles posées sur le disque « à la place des personnes » (Syméon de Thessalonique), ces prophores étaient accompagnées des tablettes portant le nom des vivants et des défunts (dyptiques). Les parcelles en l’honneur des Saints, sous l’influence de l’angéologie du Pseudo Denys de l’Aréopage, se divisent en trois chœurs de trois rangées chacun, ce qui est resté présent chez les grecs qui citent pour la première parcelle la mémoire des saints archanges Michel et Gabriel (Saint Jean Baptiste chez les slaves). Il faut noter qu’aux premiers siècles, le nombre de parcelles était variable. Peu à peu, la commémoration des vivants et des défunts, qui appartient à l’anaphore (canon eucharistique), fut transposé à la proscomédie. La disposition actuelle des parcelles sur le disque correspond à la vision de l’Apocalypse qui proclame l’Agneau entouré des quatre animaux ( l’astérisque), des chœurs des anges (les parcelles des saints), des âmes de vivants et des morts (les deux rangées de parcelles) égorgés pour la parole de Dieu (Ap. 6, 9). Mais cette disposition rappelle également l’icône de la Déisis avec l’Agneau au centre, la Mère de Dieu à sa droite et Saint Jean Baptiste à gauche (première parcelle parmi les neufs).

Ensuite, le prêtre bénit l’encens. L’astérisque n’est apparu que vers le XIV siècle. Sa symbolique va de la Pentecôte (« Tente du SaintEsprit ») à l’étoile de Béthléem (« Et l’étoile s’arrêta au dessus du lieu où était l’enfant »).

 

On recouvre ensuite la préparation avec un ou plusieurs voiles, ou vélons. Là aussi, ce recouvrement est apparu vers le VIII au XI siècle, et d’abord en Occident avec un seul voile. Ce vélon était e grande taille et représente la pierre qui recouvrit le tombeau du Christ. Il deviendra l’épitaphion. Les coptes utilisent 8 voiles, et dans le rite slave et byzantin, trois voiles. 

 

La liturgie des Dons Présanctifiés

En période de grand carême la situation liturgique change. On ne peut pas célébrer la liturgie eucharistique en semaine, laquelle est une fête et une joie, incompatible avec le jeûne. Le jour ou on célèbre l’eucharistie est LE Jour du Seigneur, un jour hors et au-delà du temps, car nous rencontrons le Royaume.

Le jeûne est défini par le mot statio qui désigne l’armée en état d’alerte. Nous sommes dans l’attente du Christ.

Le carême s’est progressivement étendu d’un jour au début du christianisme jusqu’aux 40 jours actuels à partir du IV° siècle.

Dans l’église primitive, tous participaient et communiaient. La liturgie des présanctifiés est un office du soir puisqu’il est célébré le mercredi et le vendredi, jours d’abstinence complète. On célèbre donc après les vêpres (déjà au lendemain). Ce rite remonte au VII° siècle, mais tire son origine au temps où l’on recevait l’eucharistie à la maison, portée par les diacres, pendant les persécutions. On trouve aussi ce rite pour la communion des moines dans leur cellule.

Plusieurs facteurs semblent être à l’origine de cet office. Par exemple, l’abandon massif de la pratique de communier à partir du IV° siècle et de délaisser la liturgie en semaine a amener l’Eglise vers cet office de vêpres avec distribution de l’eucharistie. Autre facteur : on passe de la distribution privée de la communion à la distribution solennelle dans l’église.

Il faut noter ici que la pratique juive de la prière du soir a été suivie par les premiers chrétiens. Particulièrement la récitation des psaumes (dont le psaume 103), l’introduction du chandelier et les prières d’action de grâce pour la lumière.

Les prières des vêpres, lues par le célébrant, furent en nombre variable et leur agencement n’est fixé qu’au XII° siècle, voir plus tard selon les lieux et traditions. Le trait caractéristique des vêpres est donc d’apporter la lumière. L’entrée terminée, on lit l’Ancien Testament, réminiscence de l’instruction des catéchumènes. Aujourd’hui, on lit la Genèse et les Proverbes. Puis on ferme les Portes pendant la lecture, symbole de l’attente, et on les ouvre ensuite, le célébrant bénissant l’assemblée avec la lumière et l’encens : »La Lumière du Christ illumine tous les hommes ».

Cette coutume de la lumière est d’origine juive : le soir venu, au repas, il y a la bénédiction de la lampe. Ainsi, poser le cierge allumé sur l’évangéliaire d’autel, c’est reporter la lumière sur la personne du Christ. Ensuite, il y a la deuxième lecture biblique et le chant du psaume 140. Vient ensuite la « liturgie » proprement dite. Initialement, il s’agissait du rite simple de transfert des saints dons sur l’autel, puis récitation du psaume 118, du « Notre Père », des prières avant la communion et ensuite des prières d’action de grâce, ceci étant le rite romain simple introduit par Saint Grégoire le Grand. Peu à peu sans que l’on sache vraiment quand et comment, cette partie s’est de plus en plus assimilée à la liturgie de Saint Jean Chrysostome. Ce transfert ressemble donc aujourd’hui à la Grande Entrée, sauf que le diacre encense les saints dons pendant la procession et que le rideau est refermé ensuite.

 

Il y eu également des différences dans la manière de consommer les saints dons: soit le pain seul (on ne verse pas de parcelles dans le calice), puis les parcelles furent mélangées comme lors de la liturgie. Le clergé ne communiait pas au calice et c'est suite aux divergences sur cette question avec les Catholiques que la communion fut prise sous les deux espèces aux Présanctifiés. De même lors de la préparation de l'agneau réservé pour les Présanctifiés lors de la liturgie du dimanche. Au début, seul l'agneau était préparé. Vers le XI° siècle, on commence à imprégner le pain avec le saint vin et qui se fait désormais dans toutes les églises. Enfin, les jours de célébrations sont le merctredi et le vendredi des semaines du Grand Carême et les lundi, mardi et mercredi de la semaine Sainte, ainsi que le jeudi de la cinquième semaine, sauf si celui-ci est la fête de l'Annonciation.

PRÉPARATION DES SAINTS DONS

 CLERGÉ : Ô Dieu, sois-moi miséricordieux et aie pitié de moi, pécheur. (3 fois). Tu nous as rachetés de la malédiction de la loi par ton Sang précieux. Cloué sur la Croix et percé par la Lance, Tu fais jaillir pour les hommes l’immortalité. Ô notre Sauveur, gloire à Toi.

DIACRE : Bénis, maître.

PRÊTRE : Béni soit notre Dieu, en tout temps, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

DIACRE : Amen.

Le prêtre prend la lance de sa main droite.

DIACRE :        Prions le Seigneur.

Et la prosphore de sa main gauche et il trace trois signes de croix avec la lance sur la prosphore en disant chaque fois :

PRÊTRE : En mémoire de notre Seigneur, Dieu et Sauveur, Jésus Christ.

Il incise la prosphore autour de l’empreinte pour en découper la partie centrale en forme de cube, appelée " Agneau ". Il taille d’abord le côté droit de la prosphore (par rapport au célébrant, c’est le côté gauche) en disant :

DIACRE :        Prions le Seigneur.

PRÊTRE : Comme une brebis, il a été mené à l’immolation. (Is 53, 7)

Le prêtre taille le côté opposé :

PRÊTRE : Et comme un agneau sans tache, muet devant celui qui le tond, ainsi Il n’ouvre pas la bouche. (Is 53, 7)

Il taille le côté supérieur :

PRÊTRE : Dans son abaissement, son jugement a été rendu.  (Is 53, 8)

Il taille le côté inférieur :

PRÊTRE : Et son origine, qui la dira ? (Is 53, 8)

DIACRE : Enlève, maître.

Au moyen de la lance, le prêtre enlève l’Agneau et le place renversé (l’empreinte en dessous) sur la patène :

PRÊTRE : Car sa vie a été enlevée de la terre. (Is 53, 8)

DIACRE : Immole, maître.

Le prêtre incise l’Agneau en forme de croix, sans le rompre, car la fraction du Pain se fera au Canon eucharistique :

PRÊTRE : Il est immolé, l’Agneau de Dieu qui prend le péché du monde, pour la vie et le salut du monde. (Jn 1, 29)

Il retourne l’Agneau (empreinte au-dessus) et le place au milieu de la patène :

DIACRE : Transperce, maître.

Le prêtre perce au moyen de la lance le côté droit de l’Agneau (à gauche par rapport au célébrant) :

PRÊTRE : L’un des soldats de sa lance lui transperça le côté, et aussitôt il en jaillit du sang et de l’eau. Et celui qui l’a vu en a rendu témoignage et son témoignage est véridique. (Jn 19, 34)

Le diacre verse le vin et l’eau dans le calice :

DIACRE : Bénis, maître, la sainte union.

PRÊTRE : Béni soit la sainte union en tout temps, maintenant et toujours et pour siècles des siècles.

DIACRE : Amen.

PRÉPARATION DES PARCELLES ET COMMÉMORAISONS

PRÊTRE : En l'honneur et mémoire de notre souveraine toute

bénie et glorieuse, la Mère de Dieu et toujours vierge Marie.  Par

ses prières, Seigneur, agrée ce sacrifice à ton autel céleste.

Il découpe avec la lance une parcelle triangulaire dans la deuxième prosphore, puis la place sur la patène à droite de l’Agneau (à gauche par rapport au célébrant) :

PRÊTRE : La Reine s'est présentée à ta droite, richement parée et revêtue d'un vêtement resplendissant d'or. (Ps 44, 10)

Il prend la troisième prosphore dont il prélèvera neuf parcelles, qu’il déposera verticalement, en trois rangées parallèles, sur le côté gauche de l’Agneau (côté droit par rapport à lui-même), comme il est indiqué ci-dessous :

Le prêtre enlève et place les parcelles en disant :

PRÊTRE : En honneur et mémoire...

- du vénérable et glorieux prophète et précurseur Jean Baptiste  (usage grec : des saints archanges Michel et Gabriel, princes des milices angéliques, et de toutes les puissances incorporelles.)

- Des saints et glorieux prophètes Moïse et Aaron, Elie et Elisée, David et Jessé, des trois saints Adolescents et du prophète Daniel, et de tous les saints prophètes.

- des saints, glorieux et illustres apôtres Pierre et Paul, et de tous les saints apôtres.

- De nos pères parmi les saints, les grands docteurs œcuméniques et hiérarques : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, Athanase et Cyrille, Nicolas de Myre, Michel de Kiev, Pierre, Alexis, Jonas, Philippe, Hermogène, Macaire, Job et Tikhon de Moscou, Nicétas, évêque de Novgorod, Léonce, évêque de Rostov, [Irénée de Lyon, Denis de Paris, Hilaire de Poitiers, Martin de Tours, Germain d'Auxerre, Rémi de Reims,] et de tous les saints évêques.

- Du saint premier martyr et archidiacre Étienne, des saints, glorieux et illustres martyrs Démètre, Georges, Théodore Tiron, Théodore le stratélate, du martyr prêtre Dimitri, des martyrs Georges et Elie et de tous les saints martyrs ; des saintes martyres Thècle, Barbara, Cyriaque, Euphémie, Parascève, Catherine, [Blandine de Lyon], moniale Marie et de toutes les saintes martyres.

- De nos pères les saints moines théophores, Antoine le Grand, Euthyme, Sabas, Onuphre, Athanase de l'Athos, Antoine et Théodose des Grottes de Kiev, Serge de Radonège, Barlaam de Khoutinsk, Séraphin de Sarov, [Jean Cassien, Vincent de Lérins, Benoît de Nursie, Silouane de l'Athos et de tous les saints moines ; des saintes moniales Pélagie, Théodosie, Anastasie, Eupraxie, Fébronie, Théodulie, Euphrosyne, Scholastique, Radegonde, Marie l'Égyptienne, [Geneviève de Paris,] et de toutes les saintes moniales.

- Des saints anargyres glorieux et thaumaturges Cosme et Damien, Cyr et Jean, Pantéléïmon et Hermolaüs, et de tous les saints anargyres.

- Des saints et justes ancêtres de Dieu Joachim et Anne, de saint N. (patron de la paroisse) , de saint N. dont nous célébrons en ce jour la mémoire, des saints Méthode et Cyrille, égaux aux apôtres, apôtres des Slaves, du grand prince saint Vladimir et de la grande princesse sainte Olga, égaux aux apôtres, du prêtre Alexis d'Ugine et de tous les saints; par leurs prières visite-nous, ô Dieu.

- de notre père parmi les saints Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople. (Ou, de notre père parmi les saints Basile Le Grand, archevêque de Césarée de Cappadoce)

Ayant pris une quatrième prosphore, le prêtre en détache une parcelle qu’il place en dessous de l’Agneau, sur le côté gauche de la patène, en disant :

PRÊTRE : Souviens-toi, Maître, ami des hommes, de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée, de Son Eminence notre Archevêque N (de notre évêque N., de notre Métropolite N) de tout l'épiscopat orthodoxe, de l'ordre honorable des prêtres, du diaconat en Christ, et de tout ordre consacré; de tous nos frères que, dans ta miséricorde, Tu as appelés à ta communion, ô Maître bienveillant.

Souviens-Toi aussi [de la Russie et de tous ses enfants qui y habitent et ceux qui sont dispersés dans le monde] de ce pays N., de ceux qui le gouvernent et de tout son peuple.

Il met à la suite sur une ligne horizontale les parcelles pour les vivants, selon les diptyques de la paroisse et ceux apportés par les fidèles.

PRÊTRE : En mémoire et pour la rémission des péchés des très saints patriarches de bienheureuse mémoire, des bienheureux fondateurs de ce saint temple.

Il prend ensuite la cinquième prosphore et il en détache les parcelles pour les défunts, qu’il dépose en ligne sous la précédente :

PRÊTRE :        Et pour tous nos pères et frères orthodoxes qui se sont endormis dans l’espoir de la résurrection et de la vie éternelle en ta communion, Seigneur, ami des hommes.

Reprenant la prosphore des vivants, il ajoute une parcelle à la fin de la rangée correspondante

PRÊTRE : Souviens-toi aussi, Seigneur, de moi qui suis  indigne et pardonne-moi toutes mes transgressions volontaires et involontaires.

Ainsi se trouve figurée sur la patène l’Église rassemblée autour de l’Agneau. Le diacre présente l’encensoir et l’encens :

DIACRE : Bénis, maître, l’encens. Prions le Seigneur.

PRÊTRE (en bénissant): Nous t’offrons l’encens, ô Christ notre Dieu, comme un parfum d’agréable odeur spirituelle; l’ayant reçu à ton autel céleste, envoie-nous en retour la grâce de ton Très Saint Esprit.

DIACRE : Prions le Seigneur.

Le prêtre prend l’astérisque, le tient au-dessus de l’encensoir puis le place sur la patène, au-dessous de l’Agneau et des parcelles en disant :

PRÊTRE : Et l’étoile vint se placer au-dessus du lieu où était l’enfant. (Mt 2, 9)

DIACRE : Prions le Seigneur. Recouvre, maître.

Le prêtre tient au-dessus de l’encensoir le premier voile dont il recouvre la patène :

PRÊTRE : Le Seigneur est entré dans son règne, Il s'est revêtu de splendeur.  Le Seigneur s'est revêtu de puissance, Il l'a nouée à ses reins.  Car Il a affermi l'univers qui ne sera pas ébranlé.  Ton trône est dressé dès l'origine; de toute éternité, Tu es.  Les fleuves ont élevé leur voix, Seigneur, les fleuves l'ont élevée ; les flots se sont soulevés, Seigneur, dans le fracas des eaux abondantes.  Admirables sont les eaux de la mer; admirable est le Seigneur au plus haut des cieux.  Tes décrets sont vraiment infaillibles ; à ta maison convient la sainteté, Seigneur, pour la suite des jours.  (Ps 92)

DIACRE : Prions le Seigneur. Recouvre, maître.

Le prêtre tient au-dessus de l’encensoir le second voile dont il recouvre le calice :

PRÊTRE : Ta puissance a recouvert les cieux, ô Christ, et la terre est remplie de ta louange.

DIACRE : Prions le Seigneur. Recouvre, père.

Le prêtre tient le grand voile (ou "aër") au-dessus de l’encensoir et il en recouvre la patène et le calice :

PRÊTRE : Protège-nous à l'ombre de tes ailes; chasse loin de nous tout ennemi et adversaire ; pacifie notre vie, Seigneur, aie pitié de nous et du monde qui est tien et sauve nos âmes, car Tu es bon et ami des hommes.

Il encense trois fois la table de préparation en disant chaque fois :

PRÊTRE : Béni soit notre Dieu qui l'a voulu ainsi; gloire à Toi.

DIACRE : En tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Pour la préparation des Dons précieux, prions le Seigneur.

PRÊTRE : 0 Dieu, notre Dieu, Toi qui nous as envoyé le Pain

céleste, nourriture pour le monde entier, notre Seigneur et Dieu

Jésus-Christ, Sauveur, Rédempteur et Bienfaiteur qui nous

bénit et nous sanctifie; Toi-même, bénis cette offrande et reçois

la à ton autel céleste.  Toi qui es bon et ami des hommes,

souviens-Toi de ceux qui l'ont apportée et de ceux pour qui ils

l'ont apportée, et garde-nous d'encourir une condamnation en

célébrant tes divins Mystères, car ton Nom vénérable et

magnifique est sanctifié et glorifié, Père, Fils et Saint-Esprit,

maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

DIACRE :        Amen

PRÊTRE :        Gloire à toi, ô Christ notre Dieu, notre espérance, gloire à toi.

DIACRE : Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Kyrie eleison, Kyrie eleison, Kyrie eleison.

Maître, donne la bénédiction.

PRÊTRE : Que celui qui est ressuscité des morts, le Christ notre vrai Dieu, par les prières de sa Mère toute pure et immaculée, de notre père parmi les saints Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, (de notre père parmi les saints Basile le Grand, archevêque de Césarée de Cappadoce) et de tous les saints, ait pitié de nous et nous sauve, car Il est bon et ami des hommes.

 

DIACRE : Amen.