Nous vous proposons ici des réflexions sur différents sujets et qui interpellent l'Orthodoxie. Ce "Billet d'humeur" n'a aucune prétention particulière autre que de donner un éclairage orthodoxe aux questions du moment.

 

 

 

 

Le baiser des Saints Pierre et Paul (Atelier Sainte Théodora) Le baiser des Saints Pierre et Paul (Atelier Sainte Théodora)

Que penser de l’œcuménisme.

 

                La prière œcuménique, les rencontres, discussions ou échanges ne rencontre pas toujours un bon accueil de la part des paroisses orthodoxes, bien que l’intérêt pour ce thème reste fort variable d’un lieu à un autre. Mais il faut bien reconnaître que ce sont surtout les prêtres et quelques rares fidèles qui semblent concernés. Une première approche pourrait se résumer ainsi : la foi orthodoxe est la foi véritable qui n’a jamais déviée, et au fond les autres confessions n’ont d’autre choix que de se convertir à l’orthodoxie. J’exagère à peine, sachant que nous pouvons nous appuyer sur certains canons comme le canon 33 du concile de Laodicée Phrygie en 360) :

33. Qu'il ne faut pas prier avec des hérétiques ou des schismatiques. 

 lequel Concile, précisons-le, donna la liste des livres canoniques de l'Eglise, excluant l'Apocalypse de Saint Jean, ce que remarqua ainsi Voltaire:

« Le concile de Laodicée, tenu en 360, ne compta point l’Apocalypse parmi les livres canoniques. Il était bien singulier que Laodicée, qui était une Église à qui l’Apocalypse était adressée, rejetât un trésor destiné pour elle; et que l’évêque d’Éphèse, qui assistait au concile, rejetât aussi ce livre de saint Jean enterré dans Éphèse. » 

                Peut-on en rester là ? Il faut faire un petit tour en arrière pour aborder plus sainement cette question. Je vais d’abord me situer au sein du Patriarcat Œcuménique de Constantinople dont nous dépendons en tant que paroisse de l’Archevêché des Eglises Russes en Europe Occidentale. De 1948 à 1978, le Patriarcat a eu à sa tête le Patriarche Athénagoras Ier qui va véritablement relancer la question de l’unité des chrétiens. Et il va le faire en premier chez les orthodoxes eux-mêmes, souvent (et encore) très divisés sur beaucoup de sujet, même si la communion est sauvegardée entre elles. Athénagoras Ier va donc visiter toutes les Eglises autocéphales, y compris celles derrières le rideau de fer et dans les Balkans. Il va créer le Centre de Rencontre et de Réflexion pour les Eglises orthodoxes à Chambésy (Suisse) e, vue de préparer les réunions préparatoires à un futur Concile Pan-orthodoxe. Vatican II va avoir lieu à cette époque et redéfinir, entre autre, la notion que ‘Eglise Romaine veut donner à l’Universalité : communion d’Eglises Locales chacune fondées sur l’Eucharistie. En 1964, Paul VI, pape de Rome, se rend à Jérusalem, et Athénagoras suggère que des représentants de toutes les Eglises Orthodoxes se rendent également à Jérusalem pour rencontrer Paul VI. On doit à la vérité de dire que la Patriarche Athénagoras fut seul……

Cependant, le 7 décembre 1965, un texte cosigné du Pape et du Patriarche dit entre autre ceci :

« Parmi les obstacles qui se trouvent sur le chemin du développement de ces rapports fraternels de confiance et d’estime, figure le souvenir des décisions, actes et incidents pénibles, qui ont abouti en 1054 à la sentence d’excommunication portée contre le patriarche Michel Cérulaire et deux autres personnalités par les légats du siège romain, conduits par le cardinal Humbert, légats qui furent eux-mêmes ensuite l’objet d’une sentence analogue de la part du patriarche et du synode constantinopolitain. » Puis suivront les conditions de cette levée des anathèmes avec :

« Ce geste de justice et de pardon réciproque, le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier avec son synode sont conscients qu’il ne peut suffire à mettre fin aux différends, anciens ou plus récents, qui subsistent entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe et qui, par l’action de l’Esprit-Saint, seront surmontés grâce à la purification des cœurs, au regret des torts historiques ainsi qu’à une volonté efficace de parvenir à une intelligence et une expression commune de la foi apostolique et de ses exigences. »

                Notre actuel Patriarche, Bartholomé I, suit cette ligne d’exigence et de dialogue, avec une difficulté toujours présente et tenace, surtout depuis 1995 : l’éternelle division entre orthodoxes et les luttes entre Moscou et Constantinople, mais pas uniquement.

                Alors restons modestes et n’oublions pas que nous devons obéissances à notre Patriarche, notre Archevêque et ceux qui le représentent, les prêtres. Nul n’est obligé à rien, mais la recherche de l’unité est un impératif de la foi. Il est trop facile de se cacher derrière la certitude de l’orthodoxie d’être l’Unique Eglise du Christ. Ceci ne nous dispense pas de l’effort de rencontre et d’explication à faire , BIEN AU CONTRAIRE.

                Nous savons aujourd’hui, qu’en dehors de points théologiques précis, mais qui peuvent trouver un aplanissement dans le dialogue, reste la question de l’Evêque de Rome et de l’Universalité.

                Je cite ici Mg Farrell, secrétaire pontifical pour l’unité des chrétiens, en janvier 2011 :

« Par conséquent, quand on parle de difficultés nouvelles, il ne s'agit pas de difficultés insurmontables, mais d'une véritable opportunité. Il est clair que la discussion théologique à venir ne sera ni facile, ni rapide. Mais il me semble que la conviction que l'unité est possible, grandit ; la situation actuelle du monde pousse les Eglises dans cette direction. Je pense qu'il est urgent que la théologie catholique élabore une vision plus concrète, un modèle répondant aux attentes actuelles de pleine communion visible. Ainsi, nos frères orthodoxes pourront avoir confiance et surmonter les peurs ataviques d'une présomption de supériorité de l'Occident. Il nous faudra certainement réaffirmer tout ce que le Concile a énoncé sur l'égale dignité de tous les rites, sur le respect dû aux institutions, traditions et disciplines des Eglises d'Orient et tant d'autres choses. »

                N’oublions pas tout cela lorsque nous célébrerons le Dimanche du Triomphe de l’Orthodoxie, premier de Carême.

 

 

 

Au sujet du Saint Suaire de Turin

 

Il n’est pas question d’aborder ici l’ensemble des questionnements sur le Saint Suaire de Turin, mais de tenter quelques réponses à des questions qui sont souvent évoquées dans notre entourage. L’Eglise orthodoxe ne remet pas en cause l’authenticité du Suaire. Les tentatives tellement maladroites et sectaires d’un certain nombre de scientifiques pour faire croire autre chose sont assez pitoyables et ne rehaussent pas leurs disciplines. La datation au fameux carbone 14 est totalement inadaptée à un linge qui a beaucoup circulé, sans parler des échantillons prélevés en dépit du bon sens (insuffisance de poids, au moins). Les tentatives de reproduction par des « artistes » sont toutes nulles et non avenues du simple fait que, si elles présentent une similitude apparente avec l’original, elles n’ont pas les particularités propres à l’image elle-même et révélées par la photo et l’analyse numérique.

Mais venons-en à l’hypothèse la plus répandue sur la formation de l’image : un rayonnement ultra-violet de très grande puissance. Rappelons que les UV sont situés juste après les rayons visibles (à la suite de l’orange et du rouge) et avant les rayons X.

Il est évident que nous ne savons pas reproduire ce phénomène pour au moins une raison : la puissance supposée du rayonnement. Quant à suggérer que ce serait là « l’effet » induit sur le plan matériel de la Résurrection du Christ, on peut le supposer mais non le prouver. « Bienheureux ceux qui auront cru sans avoir vu ». Par contre, je rejoins tout à fait l’Archimandrite Job Getcha lorsqu’il nous invite à observer :

«l’apparente similitude entre la silhouette du défunt que les négatifs ont dévoilé sur le Saint Suaire, en 1898, et la représentation iconographique du Christ mis au tombeau, la plupart du temps brodée ou peinte sur un tissu appelé epitaphios».

 

On sait que le soir du samedi Saint, sur l’autel dénudé de Sainte Sophie (Constantinople), les prêtres déposaient en grand secret un linge, objet de leur vénération et qui probablement donnera naissance à l’entimension posé aujourd’hui sur l’autel pour la célébration de la Divine Liturgie. Le Père Job fait remarquer que l’usage des épitaphios est récent (XIV siècle), alors que le revêtement de l’autel à Sainte Sophie est attesté dans le Typikon de la Grande et Eglise, et qu’il y est précisé :

 

«Arrivés à la Sainte Table, [les souverains] baisent l’image de la sainte nappe que le patriarche soulève et qu’il présente aux souverains pour qu’ils la baisent»

 

Ce qui reste certain, c’est que le visage (et l’image dans son entier), est celle du Christ mort, et ne peut être modèle « absolu » du Christ Vivant. Il a plu à notre Seigneur de nous transmettre ce témoignage de sa souffrance et de sa mort, et de laisser à notre entière liberté le choix de le savoir ressuscité et monté aux Cieux à la droite de Son Père.

Gloire à Sa Sainte résurrection.

 

Vous pouvez nous écrire:

associationhilaire@gmail.com


Feuillet de l'Exarchat Février 2012 ici


Dans le cadre de la semaine de prière pour l'unité des Chrétiens, voici le calendrier hebdomadaire proposé par le Conseil Oecuménique des Eglises

Cette semaine nous prions pour: